La folie des Hommes

La semaine dernière nous avons appris deux catastrophes qui ont occupé l’attention de tous les médias. Le tremblement de terre au Japon et la terrible répression de Kadhafi qui a fait tirer sur son peuple. Ces deux événements ont entraîné des centaines voire des milliers de morts mais on a envie de dire qu’il ne s’agit pas là des mêmes morts, des mêmes victimes. Dans le cas du Japon, c’est la nature qui par son tremblement a provoqué le tsunami qui a englouti les hommes et leurs biens, victimes innocentes auxquelles viendront peut être s’ajouter celles de l’apprenti sorcier nucléaire dont on sait l’importance économique et qui pourtant peut être terriblement destructeur. Dans le cas de la répression exercée sur le peuple libyen, il s’agit purement et simplement de la folie humaine qui s’apparente à un génocide qui se déroule sous nos yeux sans qu’il nous soit possible d’y mettre fin. Et pourtant il faut bien convenir que notre faute est collective par manque de clairvoyance, de jugement et sans doute aussi de courage. Après les attentats perpétrés par ce triste individu et la prise en otage des infirmières bulgares, il fallait être bien naïf pour croire de sa part à une quelconque repentance. En réalité il n’avait qu’un seul but : faire du chantage au pétrole et à un commerce rendu possible avec ce pays et son immense fortune amassée non pas au profit du peuple mais au seul profit de son chef.
De vaines considérations mercantiles

Quelle honte pour notre pays d’avoir accepté l’humiliation faite à la France de cette tente bédouine plantée dans le parc de l’hôtel Marigny comme il le fit par la suite à New York et tout cela dans l’espoir de supposés contrats dont l’essentiel devait être la fourniture d’armements. C’était comme si l’on mettait dans la main d’un assassin un arsenal pour lui permettre de faire de nombreuses victimes. Pas un seul instant les responsables de la planète n’ont entrevu la possibilité que ce dictateur utiliserait ces armes contre son peuple révolté par la spoliation et les injustices dont il était la victime. On se contente maintenant, pendant que des civils sont massacrés, de réunions sur réunions d’où rien ne sort, si ce n’est la lâcheté d’avoir à prendre une décision et à agir. Et pourtant la simple décision de clouer au sol les avions qui pilonnent le peuple devrait suffire à ne pas priver ce peuple oppressé de sa révolution. La menace du tribunal pénal international a le même effet sur le colonel qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Non il faut le laisser juger par le peuple comme ce fut le cas pour Saddam Hussein. Mais la lâcheté de nos soi-disant élites ne permettra-t-elle pas que cette juste révolte soit écrasée et de surplus avec nos propres armes. Et quelle sera dans ce cas l’attitude de notre Président qui a reconnu la légitimité de l’insurrection ? Devra-t-il aller Canossa et autoriser que la tente de Kadhafi soit désormais installée dans la cour de l’Elysée ? Décidément, notre politique étrangère part en brioche et il n’est plus que temps de la rendre cohérente avec une vue réaliste des situations sans qu’elle soit encombrée par de vaines considérations mercantiles. Non décidément les morts du Japon et ceux de Libye ne sont pas les mêmes : ceux du Japon ont une excuse, ceux de Libye nous accusent.  

Francis Manaud


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