La Faculté, ce n’est pas contester, c’est apprendre

Les vacances pascales viennent de se terminer et il faut désormais songer pour les étudiants à reprendre les cours pour que soient validées leurs connaissances et leur permettre ainsi de poursuivre leur cursus. Seulement il y a un mais, à savoir que durant des semaines et des semaines, ils ont été plus souvent dans la rue pour défiler que penchés sur leurs cahiers d’étude ; ce qui va rendre quasiment impossible pour eux d’obtenir un diplôme qui consacre la réalité de leur travail. Cette réalité est d’autant plus navrante que de plus en plus le pays aura besoin d’intellectuels, de gens sérieux capables de rivaliser avec les étudiants d’autres facultés européennes voire internationales, et la qualité de notre enseignement jadis si prisé ne pourra plus produire les élites qui faisaient notre fierté. Hélas la dégradation commence dès l’école primaire où des méthodes pédagogiques différentes d’une année sur l’autre perturbent enseignants et élèves à un point tel qu’à l’orée du secondaire, on ne peut que constater de graves lacunes qui n’iront qu’en s’aggravant du seul fait que, la difficulté d’intégration de certains éléments, tire l’ensemble vers le bas. Dès lors, il ne faut plus s’étonner d’être en face d’une éducation à deux vitesses, celle qui permet un soutien approprié et celle qui laisse aller les choses comme elles peuvent c’est-à-dire mal. Lorsque l’on ajoute à cela la perte d’autorité des maîtres qui n’ont plus aucun moyen de se faire respecter et qui vivent dans l’angoisse permanente de se retrouver traînés devant des tribunaux, il est facile de comprendre que le climat n’est pas celui de la sérénité, seul capable d’être le vecteur de l’approfondissement harmonieux des connaissances.
Danger pour la démocratie

Pour apprendre il faut être curieux, et pour être curieux, il est indispensable d’être attentif. C’est ainsi qu’au fil des années l’enseignement secondaire a couronné son travail par un examen qui ne veut plus rien dire, sinon : «Circulez il n’y a plus rien à voir ici, allez exercer vos talents en faculté, c’est là que vous forgerez votre avenir». Seulement voilà, la faculté sait bien qu’elle a une obligation de résultat, ne serait-ce que par rapport aux professionnels issus de ses rangs et qui ne peuvent admettre de voir dévalorisé un enseignement qui fait son fond de commerce. Alors ici, aucune issue possible si ce n’est obtenir le vrai diplôme, celui qui va permettre de vivre. Mais depuis quelques années ces jeunes qui ne sont parvenus à ce stade que par une faiblesse du système, s’évertuent à faire en sorte que ce soit la contestation permanente qui triomphe dans la rue. Les défilés succèdent aux défilés, les mots d’ordres aux mots d’ordres et l’occupation des établissements pour empêcher les enseignants d’exercer leur métier. Que voilà notre société bien faible qui tolère que des individus qu’elle élève, qu’elle nourrit, se permettent en guise de reconnaissance, de donner des leçons quand ils ne commettent pas dégradations et saccages. Si la désobéissance peut dans certains cas être une vertu, celle qui consiste à s’ériger en système devient un danger pour la démocratie. Cessons donc d’être faibles, montrons notre détermination à faire régner l’ordre républicain. L’Etat en a les moyens et ne donnons de l’importance qu’à ce qui en a, c’est-à-dire que notre jeunesse réussisse et non qu’elle se perde dans des combats qui ne sont pas les siens.

 Francis Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.