La contagion

Lorsque l’on voit en réunion le parlement européen, on ne peut qu’être impressionné par l’importance de cette assemblée des élus de 27 pays dont on pourrait croire qu’ils représentent ce qui se fait de mieux en matière de politique. Ne parlons pas des commissions qui bien qu’étant illégitimes parce que non élues sont sensées représenter le bon sens qui contribue à impulser la marche en avant de l’institution. Bien sûr tout cela coûte cher à l’ensemble de nos pays mais cela ne serait rien si le résultat obtenu était à la hauteur de la dépense. Il aura fallu tout cet aréopage d’incompétence pour mettre l’Europe dans une impasse dont il sera sans aucun doute difficile de sortir. Comment n’ont-ils pas pu se rendre compte qu’en autorisant la Grèce à rejoindre la zone Euro, ils l’entraînaient inévitablement vers des difficultés dont elle ne pourrait pas se soustraire ? Car il n’était un secret pour personne que ce pays avait des pratiques fiscales et budgétaires qui ne permettaient pas de correspondre avec la rigueur imposée par la banque centrale sur les déficits. Comment pouvait-on croire qu’en fixant une fois pour toutes la parité du drachme avec l’euro, on en aurait fini avec un pays dont le sport national est comme beaucoup d’autres, la dévaluation ? Son économie essentiellement touristique ne peut maintenir la concurrence avec les autres pays de la Méditerranée qu’en attirant les étrangers avec des prix les plus bas possibles et donc en leur offrant une parité monétaire attractive.
De bien piètres dirigeants

Voilà donc ce pays prisonnier dans une communauté de laquelle on ne veut plus qu’il sorte afin de ne pas désavouer ceux qui n’ont pas su voir les difficultés auxquelles ils allaient être confrontés. Pour cela, comme de vulgaires surendettés, on veut les contraindre à un régime drastique qui va jusqu’à leur faire vendre des biens qui sont l’essence même de leur existence, c’est-à-dire l’héritage de ceux qui les ont précédés. Alors il est fort à parier que le peuple va prendre la parole pour refuser un tel régime d’austérité absolument insupportable. Dès lors leurs dirigeants n’auront plus que deux solutions : la contrainte par la force pour qu’ils puissent continuer à bénéficier des aides financières indispensables, ou la libération d’un système pour lequel ils ne sont pas suffisamment préparés. Dans un premier temps, ce sera la première solution qui sera la plus probable mais la plus dangereuse aussi car elle impliquera des mouvements de rue dictés par le désespoir et dont les conséquences risquent d’être tragiques. Dans un deuxième temps, ce sera la libération mais aussi pour leurs partenaires européens l’engrenage de la solidarité dont on ne sait vraiment pas jusqu’où il pourra les amener. Décidément les énarques et autres théoriciens de Bruxelles sont de bien piètres dirigeants. Il est grand temps d’y mettre de l’ordre et de repenser une Europe qui laisse respirer les peuples en leur permettant de lui apporter leur richesse, leur génie et aussi leur énergie.

Francis Manaud



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