La compétition

Pour la deuxième fois, les prétendants à l’investiture socialiste se sont affrontés devant les caméras et les Français pour convaincre les électeurs potentiels sur leur vision de la situation de la France et la manière dont ils souhaitent la sortir des difficultés qu’elle rencontre. Toutes et tous à l’exception de Jean-Michel Baylet se sont appliqués à respecter leur projet commun tout en faisant valoir leurs différences mais en prenant bien soin de le faire en douceur pour ne pas montrer leurs divisions quelquefois profondes. Quoiqu’il en soit, cette façon de faire qui marque une fois de plus notre dérive vers le système américain, a l’avantage de permettre aux électeurs de choisir eux-mêmes leur représentant à l’élection présidentielle, même si le choix des compétiteurs peut être sujet à caution. Rien à dire cependant sur l’équité qui place de façon identique les protagonistes avec toutefois les lourdeurs que cela impose pour respecter les temps de parole. Voilà donc le CSA droit dans ses bottes et à l’abri de toutes les critiques. Mais qu’en est-il des électeurs qui ne votent pas à gauche et qui à longueur de soirée vont avoir à entendre ceux qu’ils considèrent comme des concurrents ? Et qu’en est-il de l’équité par rapport aux indécis qui ne vont entendre qu’une seule voix puisque la droite reste muette ? C’est sûrement là que le système montre ses limites en ne faisant entendre qu’un seule parti et c’est en cela que la présence du Radical de gauche est intéressante car elle immisce dans la discussion la présence d’une minorité politique.
Ni enthousiasme, ni élan

Et puis pourquoi faudrait-il qu’à droite, le président sortant soit le seul et unique candidat alors même que ce dernier ne fait pas l’unanimité dans son propre camp ? Ces réflexions amènent tout naturellement à imaginer également une confrontation à droite avec l’ensemble des courants qui la composent. Même montage qu’à gauche mais cette fois avec un seul vainqueur qui serait à son tour opposé au président sortant pour rester dans l’esprit de la cinquième république qui veut que dans tous les cas, il soit un représentant confirmé, tout en n’excluant pas qu’un autre puisse lui être préféré. Un tel système serait à coup sûr la garantie de présenter au peuple au final deux candidats entre lesquels il serait le plus sûr d’élire le plus à même de mener les affaires du pays. Il faut bien dire que ce que nous avons vu et entendu de la part de certains candidats de gauche ne crée pas l’enthousiasme et l’élan dont le pays aura besoin pour sortir durablement des difficultés auxquelles il est confronté. De la même façon, confronter le vainqueur avec le président sortant dont le bilan est plus que mitigé, n’augure en rien sur la garantie de tenir un élu de grande qualité pourtant indispensable. Une compétition qui s’annonce chaotique dont on peut craindre que le résultat ne soit pas en mesure de mettre à la tête de notre pays le meilleur candidat possible.



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