La cinquième République

Le général de Gaulle était un homme fort. Il voulait une France aussi forte que lui, qui soit gouvernée et qui ne soit pas à la merci des tractations des partis. Il faut dire que la quatrième République comptait presque autant de partis que de Français, et gouverner s’apparentait plus à des marchandages de boutiquiers qu’à une vision claire et nette d’une politique aussi bien intérieure qu’extérieure. Ce fut dans cet esprit que la cinquième République vit le jour. Critiquée plus ou moins par ceux qui succédèrent au Général, ils s’en accommodèrent néanmoins jusqu’à ce jour, qui est peut être le moment venu pour savoir si l’esprit et les problèmes de la France de 1958 sont les mêmes que ceux de 2008. Il n’est pas de doute que les Français ont changé et avec eux leur culture politique. De la même façon, les problèmes économiques auxquels nous sommes confrontés demandent sans nul doute aux citoyens que nous sommes d’avoir à arbitrer des choix de plus en plus complexes. Or la cinquième République qui permet au pouvoir exécutif de gouverner sans partage, ne laisse aucun autre choix que les options prises par le Président de la République et son premier ministre. On assiste à un jeu entre deux équipes de divisions différentes sans arbitre pour de temps à autre faire respecter les règles du jeu. Il faut dire qu’en 1958, il existait un parti du centre aujourd’hui phagocyté par les deux grands partis qui gouvernent à tour de rôle mais dont il résulte que les méthodes mises en œuvre amènent à un résultat identique.

L’élément providentiel

Ceci a été particulièrement flagrant lors des dernières élections présidentielles ou le besoin d’un centre fort s’est incontestablement fait sentir au niveau des résultats. Mais aussitôt les élections passées, ce centre a vu ses partisans s’égailler à droite et à gauche au gré des sensibilités et des humeurs pour ne pas dire pour certains, de leurs intérêts personnels. Pourtant il est de plus en plus évident qu’il faut à notre politique un arbitre qui soit un parti fort en mesure d’une part de faire entendre les différences, mais aussi d’être un lien assez fort pour permettre aux deux camps opposés de pratiquer une politique de consensus national, seule capable de résoudre les difficultés économiques auxquelles nous sommes confrontés. Et ce n’est pas le débauchage de telle ou telle personnalité de l’autre camp, aussi compétente soit-elle, qui permettra de trouver le chemin du redressement. Si la tentative de François Bayrou de créer ce centre n’a pas obtenu le succès mérité, c’est en grande partie par son manque de lisibilité. Un centre fort, cela veut dire non seulement être en mesure de faire des propositions constructives, mais aussi de s’associer ou non à la politique menée par le gouvernement quand celle-ci n’est pas en phase avec le sentiment populaire. Il nous faudra encore patienter jusqu’aux prochaines élections législatives pour faire comprendre à nos concitoyens la nécessité de cette nouvelle répartition de l’hémicycle. Reste à trouver un leader. Mais dans ce domaine les intelligences ne manquent pas. La France a toujours su trouver parmi ses enfants l’élément providentiel. Alors gardons espoir.



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