Jusqu’où ira-t-on ?

Et soudain les grandes villes anglaises se sont trouvées à feu et à sang sans que rien a priori n’ait pu faire penser à de tels débordements. Pourtant le feu couvait depuis longtemps sous la cendre comme dans de multiples villes européennes sans que les hommes politiques, trop occupés à prendre des vacances, n’aient eu la moindre idée de ce qui allait se passer. Comme toujours, on s’empresse de colmater les brèches sans se rendre compte du mal profond dont souffre la jeunesse à laquelle on fait miroiter mille et une sources de plaisir et d’abondance sans qu’elle n’ait la moindre possibilité d’y accéder. Nos jeunes sont comme ces enfants, le visage collé contre la vitrine de Noël derrière laquelle défilent des trains électriques auxquels ils n’ont pas le droit de toucher parce qu’ils sont réservés à ceux qui peuvent se les offrir. Alors un jour, la tentation est la plus forte et ils cassent la vitrine pour enfin accéder au rêve, à l’interdit. La solution trouvée par David Cameron : la sanction pure et simple et pire encore pour couronner le tout, la délation qui nous renvoie aux pires heures des pratiques hitlériennes avant même de se poser la question du pourquoi et du comment !
Une trop grande concentration des populations

Mettre une ville en coupe réglée n’est certes pas acceptable, les commerces et les individus tabassés ne sauraient trouver grâce aux yeux de la société, mais il appartient à cette dernière de faire en sorte que de tels agissements ne se produisent pas et ce n’est pas en imposant la pression sur des jeunes déboussolés et sans repères, que l’on parviendra à trouver une solution d’apaisement. Comme les habitants des pays pauvres croient qu’il suffit de venir dans les pays riches pour être riches à leur tour, ce n’est pas en investissant les villes que les jeunes trouveront travail et équilibre. La trop grande concentration des populations dans les villes crée une tension prévisible alors que les pouvoirs publics et les grandes entreprises donneuses d’ordres, seraient bien avisés de favoriser les décentralisations seules capables de venir à bout de tensions qui deviennent inacceptables et dangereuses. Tensions qui sont exacerbées par la communication au travers des réseaux sociaux et autres téléphones portables qui favorisent des concentrations et des mouvements de foules difficilement contrôlables. La fermeture momentanée de ces moyens serait à n’en pas douter un moyen d’éviter les débordements qui ont été constatés. Mais avant tout, donner à cette jeunesse une perspective par le travail, est le seul moyen d’éviter des troubles graves qui menacent nos sociétés. Que ce soient les Indignés espagnols, les Grecs ou les hooligans britanniques, le climat général se détériore et il est temps de trouver les parades avant que la pression ne devienne trop forte et irréversible. C’est en amont de la rivière que l’on canalise les eaux, car sinon, arrivées dans la plaine il est trop tard, elles dévastent tout.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.