Jusqu’à quand resterons-nous aveugles ?

Le combat des employés de l’usine de Molex a été sur beaucoup de point exemplaire. Tout d’abord compte tenu de sa relative petite taille, elle a réussi à porter son combat au niveau national ; ce qui dans le domaine de la communication n’est pas une petite affaire. Ensuite au plan judiciaire, elle s’est battue pied à pied contre un fond de pension américain qui avait coûte que coûte décidé sa délocalisation pour obtenir une rentabilité supérieure à ses adhérents. Comme en pareil cas cette société souhaite emporter avec elle un savoir-faire, un tour de main qui ne s’acquiert que par la patience des compagnons qui y travaillent. Mais la bataille était inégale et comme souvent en pareil cas c’est l’assiégé qui est vaincu et finit par se rendre exsangue et sans le sou. Pourtant lorsque qu’un matin à la télévision le Ministre d’Etat à l’Industrie prenait la parole, on avait l’impression qu’enfin le combat des Molex était gagné. Un fond d’investissement américain (encore) prenait la suite. La réalité était toute autre car ce fond d’investissement annonçait conserver 20 emplois dans l’immédiat et 70 l’année suivante contre 280 emplois perdus. De qui se moquait-on ? Il faut dire que le Ministre avait déclaré lors des municipales que sa seule et unique ambition était la mairie de Nice,  mais que celle-ci acquise, le chant des musiques ministérielles avait emporté ses précédentes convictions. Faudra-t-il encore longtemps pour comprendre que nos sociétés françaises sont victimes de ces pratiques qui consistent à sucer leur substance et profiter de leur personnel pour s’en aller quand bon leur semble en respectant ou non nos lois sociales ?
Prédateurs de l‘économie

Quand ces mêmes sociétés n’ont pas bénéficié des largesses des collectivités pour faciliter des créations d’emplois qui bien souvent ne sont que partiellement satisfaites. Il faut que cesse le pillage de nos compétences par ces prédateurs de l’économie et que soient mis en place sans tarder des pare-feu à ces pratiques déloyales. Il faut adapter nos lois commerciales pour interdire le démantèlement de nos usines, et pour que soient respectés les engagements de base qui ont prévalu à l’installation de ces sociétés souvent avec l’appui des finances locales. Que les impératifs d’un commerce libre international soient respectés mais que soient poursuivis et punis ceux qui ne respectent pas un minimum de règles commerciales élémentaires. Que soient poursuivis et sévèrement punis ceux qui en conscience pillent et spolient des pans entiers de nos économies qui réalisent les actifs et s’exonèrent du passif. Enfin que nos tribunaux ne se laissent plus abuser par ces repreneurs de circonstance qui profitent du désarroi pour s’emparer à bon compte d’entreprises qui gérées différemment, pourraient se relancer dans le secteur économique. Nous avons des savoir-faire qui justifient largement les différences tarifaires dans de nombreux domaines. Cessons d’être les supports de ceux qui ne voient que rentabilité et qui n’ont que faire du comment et du pourquoi les choses coûtent moins cher ailleurs. Qu’ils assurent le maintien de leur pouvoir de retraite au détriment des peuples qu’ils exploitent. La France doit s’enorgueillir d’une autre vision des choses.
 

Francis Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.