Julien Faessel « Y a-t-il une stratégie chez les Verts ? »

C’est maintenant officiel, après un vote massif d’une quarantaine d’adhérents, les Verts toulousains présenteront leur propre liste aux prochaines élections municipales. Comment expliquer cette candidature verte qui semble pour le moins incongrue, au vu de leurs moyens dérisoires, de leur inaudibilité chronique, de leur bilan léger et surtout de leur participation gouvernementale ? Souvenons-nous qu’en 2011 les dirigeants d’EELV ont troqué leur candidate à la Présidentielle et son programme, pour des places au parlement et au gouvernement, pour eux et leurs amis. Remémorons-nous que depuis 2002, les Verts ont constamment critiqué la droite alors au pouvoir et appelé à la victoire du PS. Et alors que maintenant grâce à la générosité des socialistes, ils sont au gouvernement, à l’Assemblée, au Sénat, et qu’ils sont toujours dans la majorité municipale rose, ils présentent une liste contre le PS. On a déjà vu plus clair comme ligne stratégique ! Les élections internes fin 2013 (dirigeants du parti et candidats aux élections de 2014) peuvent apporter un début d’explication. Le critère pour se départager sera : qui déteste le plus les socialistes ? Chacun aura sa petite anecdote pour prouver qu’il est vraiment un farouche opposant du PS, que le PS l’a fait énormément souffrir, et accessoirement qu’il est en désaccord avec la politique rose.

 

« Dire du bien du PS ne pardonnera pas »

 

Puis, les meilleures cartouches seront utilisées contre les communistes. Un rappel de circonstance indiquera tout de même que l’adversaire principal d’EELV, c’est la droite. Dire du bien du PS ne pardonnera pas lors de ces scrutins, et peu s’y risqueront. Il est vraiment surprenant que des alliés puissent autant se détester. Depuis 2009, les Verts toulousains aiguisent leurs armes pour 2014. Pendant la présidentielle, les attaques les plus dures d’EELV concernaient JL Mélenchon, et l’éventualité d’une liste d’union rouge-verte à Toulouse (tout comme à Colomiers) semble définitivement enterrée. Ce manque de continuité au niveau de la stratégie et des discours est totalement incompréhensible pour l’électeur. Il est d’ailleurs curieux de constater que Pierre Cohen n’ait pas réagi. Il exclut de sa majorité le communiste Sellin pour une abstention, mais garde les élus Verts qui lui font une liste dans le dos. Le message est pourtant clair, les Verts ne veulent plus de Pierre Cohen comme maire. Au lieu de jouer la carte du rassemblement, c’est l’image de la zizanie qui est donnée. L’explosion de la majorité municipale est un signal très fort envoyé aux Toulousains. Et il est probable que les appels d’unité d’entre-deux-tours ne permettent pas de faire oublier les déchirements, les attaques et les critiques de longs mois de campagne. Il n’y a pas de meilleure stratégie pour perdre.

 

Julien Faessel est l’ancien responsable toulousain d’Europe Ecologie Les Verts (2011-2012).

Il a été candidat aux dernières élections cantonales sur Villefranche de Lauragais

Particularité : Il tient une chronique un jeudi sur 2 sur le site www.toulouseinfos.fr

Mail : julien.faessel@gmail.com

 



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