JT 307

[size=x-large][color=0000FF]Lendemain d’élections[/color][/size]
Après deux années bien remplies en élections, voici enfin revenu le calme qui va mettre en action les divers résultats obtenus. Après la liesse populaire de ceux qui ont gagné, voici le temps des réalités. Si l’on juge par les manifestations de tous ordres qui ont émaillé les résultats de quelque nature qu’ils soient, on pourrait croire que l’on a eu à faire à un combat singulier dont le seul but était de terrasser un adversaire. Alors que si l’on analyse correctement les situations qui se sont présentées, il a plutôt été question de choisir les meilleurs hommes aux meilleurs postes pour faire avancer notre pays. Mais est-ce bien le résultat obtenu ? Pour tout dire, ces mouvements de balancier dont notre démocratie est si friande, sont-ils la meilleure réponse aux difficultés qui nous assaillent de tout côté ? Dans les grandes villes, ce sont quelquefois des équipes entières qui cèdent la place à des gens sans expérience, et finalement à des problèmes qu’ils vont devoir résoudre alors que leurs adversaires les attendront au tournant de leurs erreurs. Que penserait-on d’un entraîneur d’équipe qui à un moment quelconque d’un match changerait brusquement la totalité de ses joueurs sans même que ceux-là aient eu le loisir de s’échauffer ? La réponse est dans la question. Pourtant c’est ce que nous faisons dans notre pays sans nous rendre compte du temps perdu et des dégâts qui s’ensuivent. En effet, bien souvent la nouvelle équipe forte de sa légitimité prend le contre-pied de ses prédécesseurs et ce mouvement de balancier aussi inefficace que dangereux qui dure depuis plus de trente ans, a réduit notre pays à l’état préoccupant dans lequel il se trouve.

[color=0000FF]Une volonté collective indispensable[/color]

Quand comprendrons-nous que si le changement est absolument indispensable, il doit se faire de façon positive et que ce ne sont pas les idées qui doivent nous guider seulement, mais les hommes qui les défendent et les rendent efficaces. Qu’importe, désormais droite ou gauche, les problèmes à résoudre ont dépassé ces anciens clivages. Les chemins pour les résoudre ne sont pas légion, ils procèdent essentiellement d’une volonté collective indispensable sans laquelle nous perdons temps et énergie. Notre façon de faire de la politique s’apparente au jeu de la traction de corde : chacun tire de son côté pour que rien n’avance si ce n’est brusquement, avec l’effondrement de l’une ou l’autre équipe sous les vivats des spectateurs qui n’ont pas compris que ce qui compte ce n’est pas ceux qui gagent, mais les efforts des uns et des autres pour participer au plaisir de tous. En attendant, nous voilà repartis dans un concours des villes, des départements et des régions de France que nos médias s’appliquent à colorier. Cette année, le rose l’emporte sur le bleu et la prochaine fois ce sera peut être l’inverse. Certains brailleront des «On a gagné !» pendant que d’autres pleureront, mais la France dans tout ce charivari qu’aura-t-elle gagné ? J’aimerais tant qu’un jour la couleur de la France des médias ne soit qu’un immense drapeau tricolore où chacun trouverait des raisons de vivre et d’espérer.

Francis Manaud



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.