Joël Echevarria « Une démocratie à réinventer ? »

En France, de moins en moins d’électeurs se déplacent pour élire des candidats qui leurs ressemblent de moins en moins. Est-ce encore une démocratie ? Rien n’est moins sûr. En cause, de nombreux facteurs, dont on citera trois principaux. Une mainmise sclérosante des partis qui, par exemple, désignent les candidats, soit via un diktat « d’en haut », comme pour MM. Borgel et Moudenc lors des législatives 2012, soit via une primaire étriquée réservée aux militants. Ainsi Pierre Cohen fut-il désigné tête de liste en recueillant les voix de 357 militants PS.  Un manque de représentativité des édiles. Illustration aux Municipales 2008 à Bordeaux et Toulouse : 50% environ des élus étaient issus de la catégorie dominante au sein du parti vainqueur, chefs d’entreprises ou professions libérales à Bordeaux, fonctionnaires ou assimilés à Toulouse. Et dans les deux cas, un même « parent pauvre », les salariés du privé, ne pesant qu’entre 14 et 18%. Montée de l’abstention, passée de 21% en 1977 à 35,5% en 2008 au 1er tour des Municipales, sachant qu’il y a 10% environ de non-inscrits (INSEE) : donc près de 42% de non-participation !

« Il nous revient de nous retrousser les manches »

Pour renverser la vapeur, quelques mesures clés. Généralisation des primaires ouvertes, initiées par le PS et le PRG aux Présidentielles 2012 et reprises en mai par l’UMP à Paris (avec un succès mitigé : seulement 11.675 voix pour NKM), ayant le grand mérite de valoriser le débat d’idées entre candidats partageant des valeurs communes.  Un vrai statut de l’élu, notamment pour les salariés du privé. Le récent rapport Doucet-Gosselin propose le droit au congé électif ou l’allocation de retour à l’emploi. C’est bien. Mais la protection de l’élu-salarié via un statut proche de celui de « salarié protégé », ce serait mieux. Plus grande implication des Citoyens,  grâce notamment aux technologies de l’information qui autorisent des processus participatifs flexibles et peu coûteux.  Non cumul des mandats pour un vrai renouvellement de la classe politique : un mandat unique renouvelable une ou deux fois devrait être la règle d’une démocratie moderne. Mais il nous revient aussi à nous, citoyens, de nous retrousser les manches pour renverser la tendance. La Compagnie Riquet, think tank de la métropole toulousaine, est née dans cet esprit. Son ambition ? Permettre à des citoyens libres, mobilisés par la vie de la Cité, de produire des outils et des analyses sur des enjeux métropolitains et de favoriser le débat public. Les 30 citoyens qui la composent aujourd’hui, donnent du temps et de l’énergie pour imaginer cette nouvelle façon de « faire de la politique ».  Périclès disait : « Comme notre gouvernement n’est pas dans les mains d’un petit nombre de citoyens, mais dans celles du grand nombre, il a reçu le nom de démocratie. » Et si nous ne faisons rien, le petit nombre s’habillera demain en bleu-marine.

Joël Echevarria est le président du think tank « La Compagnie Riquet » (compagnie.riquet.overblog.com)

Particularité : Le 6 juin dernier votre hebdo le classait parmi les 10 puissants de Toulouse

Twitter : @etxe31



2 COMMENTAIRES SUR Joël Echevarria « Une démocratie à réinventer ? »

  1. voltaire dit :

    Et quelle légitimité ont ces 30 “citoyens” ? Comment se cooptent ils?
    En tout cas on connait déjà leur position anti Marine. Le dénigrement n’ouvre pas vraiment le dialogue…

  2. Joël Echevarria dit :

    Et les commentaires qui se cachent derrière des pseudos ne facilitent pas le dialogue. Voltaire, le vrai, signait de son nom ses indignations.
    Participer à La Compagnie Riquet ? Rien de plus simple : nous contacter via le site. Mais sous sa véritable identité…

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