Jo de Pékin

Ca y est, la grande aventure sportive va commencer pour s’achever avec la consécration d’athlètes qui auront donné dans un moment bien précis le meilleur d’eux-mêmes. Mais s’il y a dans ces compétitions une part non négligeable de hasard, tout en amont aura été fait pour que les compétiteurs soient prêts justement au bon moment grâce aux techniques les plus élaborées tant psychologiques que physiques. Il serait vain de vouloir comparer les jeux actuels avec ceux ré-initiés par le baron Pierre de Coubertin pour lequel seul comptait le plaisir d’une jeunesse, heureuse de se confronter aux meilleures performances, sans esprit de lucre ou de notoriété tapageuse. Autre temps, autres mœurs. Les jeux sont devenus avant tout une vitrine. Et que voit-on derrière cette vitrine ?
En premier lieu et surtout la puissance d’un pays capable de satisfaire aux exigences toujours plus importantes du comité olympique dont l’honnêteté dans ce domaine n’a pas toujours été convaincante. Il est parfois difficile de résister aux sollicitations qui ne manquent pas de s’exercer pour obtenir telle ou telle faveur. Le choix de la Chine cette année n’est pas anodin. Cette grande puissance avait à cœur de montrer son ascension fulgurante dans le domaine économique, tandis que les pays démocratiques avaient bien l’intention de profiter de l’aubaine pour ouvrir une timide brèche dans ce pays dont le symbole demeure la muraille de Chine ou encore la Cité interdite.

Un équilibre encore trop précaire

Les dernières tractations l’ont bien montré, quand il s’est agi d’ouvrir sans restriction le pays à l’internet. La Chine reste dans beaucoup de domaines le pays de l’interdit. Elle aime montrer sa force, tout en restant bien protégée derrière ses frontières. Elle a toutefois désormais conscience qu’elle n’est pas imperméable au terrorisme qui va d’une façon ou d’une autre montrer au monde qu’il peut frapper partout et surtout ici où rien n’est soi-disant possible en dehors de la norme voulue par le pouvoir en place. La Chine vient de montrer au monde sa formidable capacité industrielle en bâtissant en un temps record toutes les installations nécessaires aux jeux, il lui reste à démontrer sa capacité à maîtriser l’invasion politico médiatique qui est prête à venir la provoquer. Il est à espérer que le mélange ne sera pas trop détonnant. Car dans tout cela il ne faut pas oublier les athlètes qui eux sont venus montrer au monde qu’il existe au-delà des tensions qui le déchirent, la volonté de faire triompher l’effort et le courage pour avoir sacrifié des années de jeunesse et parvenir au sommet d’une pyramide dont les derniers degrés sont les plus durs à atteindre. Mais au bout de l’effort il y a cette reconnaissance dont on peut regretter qu’elle soit entachée d’arrière pensée mercantile, mais c’est ainsi que fonctionne désormais notre société de consommation. Vouloir la rejeter serait sinon impossible sûrement suicidaire. Il est à souhaiter que soient définitivement abandonnées les pratiques des anciens pays de l’Est de bien triste mémoire. La Chine par ces jeux va s’éveiller au monde, souhaitons qu’il en résulte un grand souffle de liberté qui s’étende sur un monde inquiet et à la recherche d’un équilibre encore trop précaire.

 Francis Manaud


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