Ingérence

Francis Manaud

Depuis des mois déjà, la Syrie est en proie à des émeutes qui tuent la population civile. Femmes, enfants, vieillards, personne n’est épargné dans ce déchaînement aveugle de violence. La cause en est le manque de liberté pour un peuple dirigé depuis deux générations par un régime totalitaire confronté aux moyens modernes de communication. Cette ouverture vers l’extérieur et vers les démocraties occidentales permet des comparaisons qui rendent insupportables les conditions de vie contraintes des dictateurs qui refusent tout dialogue et par conséquent toute opposition.

Les simples manifestations de rue dégénèrent rapidement en affrontements avec les forces de l’ordre, et enfin avec l’armée qui se trouve contrainte à faire feu contre son propre peuple sans discernement. Un tel déchaînement ne peut aboutir à terme qu’au départ du dictateur qui se voit en opposition avec de plus en plus de ses concitoyens touchés de près ou de loin par la perte de parents ou d’amis. L’orgueil ou l’aveuglement entraînent une fin inéluctable. Sans oublier les sanctions qui attendent au titre de crimes contre l’humanité. Durant le massacre de milliers de civils, la communauté internationale est restée paralysée par l’opposition de la Russie et de la Chine dont les régimes qui se qualifient de démocratiques ne sont ni plus ni moins que des parodies de démocratie. Ils tiennent sous leur joug des populations entières que seule la crainte maintient dans le calme.

 

Un soulèvement populaire peut entraîner des morts civils

 

Ces puissances pourraient à terme se voir reprocher des atteintes aux droits de l’homme, et c’est pourquoi elles considèrent que les événements de Syrie ne sont ni plus ni

moins que des problèmes internes n’intéressant pas le monde extérieur. Il est vrai qu’un soulèvement populaire peut entraîner des morts civils. Toutefois dès l’instant qu’un gouvernement fait appel à l’armée avec des moyens hors de proportion avec un soulèvement populaire, nous sommes en droit de conclure à l’intransigeance du pouvoir en place quel qu’il soit. D’ailleurs peut-on conclure que seuls les dictateurs peuvent avoir recours à de telles extrémités?

L’histoire de France a connu quelques exemples ou la démocratie a basculé vers de telles extrémités qui auraient pu justifier des interventions extérieures. Les limites de l’ingérence sont difficiles à déterminer et l’on peut comprendre qu’il soit complexe d’avoir recours à des interventions extérieures. Les rebelles syriens ne sont-ils pas plus ou moins dirigés par d’autres tyrans en puissance? Alors qu’elle solution? Permettre l’évacuation des civils par des couloirs humanitaires imposés par des puissances étrangères en serait-elle une? Puis essayer d’équilibrer les moyens en présence pour rendre l’affrontement équitable? À terme, sans surprise, Bachar l’assassin va devoir partir et risquer une lourde condamnation. Il aurait pu le faire sans sacrifier des milliers de vies et en épargnant à son peuple la lourde charge d’une reconstruction incontournable. La tyrannie est aveugle.

 

Francis Manaud

 

 



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