Honte !

Parce que l’un de ses cheminots avait été agressé, le syndicat Sud Rail a fait valoir son droit de retrait et déclenché sans coup férir une grève surprise. Pour ajouter à l’événement et prévenir une panique toujours possible, la SNCF a décidé de fermer la gare Saint Lazare mardi dernier et laissé ainsi dans un quasi abandon des milliers de voyageurs qui empruntent le train pour aller et revenir de leur travail. Nous avons pu assister par écran interposé à la désespérance de ces gens abandonnés par un service public qui mérite de moins en moins son nom. Acheter un billet de train, c’est en théorie obtenir en contre partie la garantie de pouvoir se rendre où l’on a décidé d’aller et seul un incident technique devrait en principe l’empêcher. En pratique il en est hélas tout autrement. En France parce qu’un agent d’un service public est agressé, tout peut s’interrompre ou s’arrêter brusquement sans aucun préavis et ce en signe de protestation. Or pour très regrettable et même scandaleux qu’un agent ait été agressé, il est permis de se poser la question de savoir quel rapport il peut y avoir entre ce fait divers et le fait de cesser le travail. Si encore cela permettait de résoudre définitivement le problème, une telle action paraîtrait légitime et pourrait être cautionnée par le sens commun. Mais pour autant la grève observée n’empêchera ni aujourd’hui, ni demain, ni après demain qu’un délit du même type soit perpétré. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on ne peut que conclure à l’inefficacité d’une telle action alors que la solution à ce problème ne se trouve que dans la mise en œuvre de mesures de sécurité efficaces, tout en sachant que rien ni personne ne pourra enrayer de manière totale la délinquance.

Irresponsables

Il serait temps pour nos syndicats de comprendre qu’à trop abuser du droit de grève, la mesure devient inefficace et contre productive des effets qu’elle prétend en attendre. De plus, alors que notre pays s’apprête à vivre des semaines et des mois difficiles, de tels comportements sont inacceptables car ils pénalisent des gens qui font l’effort de travailler, de vivre dans des conditions difficiles sans qu’ils soient pénalisés par des comportements irresponsables et pour tout dire quasiment délictueux. Comment ne pas faire un parallèle entre l’agression commise à l’encontre du cheminot et celle commise par les cheminots à l’encontre des usagers ? Non, les temps sont trop difficiles pour que l’ensemble des services publics puisse se permettre de pratiquer la grève comme un sport national dont les conséquences se retrouvent immanquablement au niveau des impôts que nous payons, même si ceux qui en sont exemptés se croient obligés d’accroître ceux qui les payent pour eux. Pour symboliser l’ensemble des pays européens, l’artiste tchèque David Cerny, a exposé à Bruxelles l’une de ses œuvres dans laquelle la France est caractérisée par son accoutumance à la grève, preuve que nos amis traitent ce travers comme une marque humoristique. Il est temps désormais que l’engagement de notre Président qui proclame que définitivement en France les grèves passent inaperçues, se vérifie dans les faits, car mardi dernier à voir le désarroi de nos concitoyens franciliens, on a pu constater qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Et si cette grève n’avait pour seul but pour Sud Rail que d’accroître ses effectifs syndicaux aux élections toutes proches ? Une honte !

 Francis Manaud


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