Halle aux Grains et Assemblée Nationale, même combat !

Dans les années cinquante, les divertissements n’étaient pas légion. Le cinéma, la radio, le sport permettaient au plus grand nombre de sortir de la routine quotidienne. A Toulouse, le divertissement à la mode, c’était le catch qui se pratiquait à la Halle aux Grains. Un public hétéroclite s’y retrouvait dans un concours de vociférations, de cris et de bruits des trompettes dérobées aux préposés des tramways et qui servaient à avertir le wattman qu’il pouvait démarrer. Chacune et chacun avait son champion : ils s’appelaient “L’ange blanc”, “Chéri bibi” ou “Le bourreau de Béthune” et faisaient si bien semblant de s’étriper à mort, que la majorité d’un public naïf croyait dur comme fer que tout cela était vrai, alors que le spectacle terminé ils se retrouvaient autour d’un verre dans l’un des cafés de la place Dupuy. Le futur acteur de cinéma Lino Ventura s’y produisait parfois avec beaucoup de succès. Lorsque l’on a la curiosité de suivre à la télévision la retransmission des questions des députés au gouvernement, on a l’impression désagréable d’assister au même spectacle enfantin et guignolesque. La dernière prestation qui nous a été offerte, fut sans nul doute la plus significative. On aurait pu l’intituler “Curée sur Eric Woerth”, car comme un roulement de tambour, les questions de l’opposition ne portaient que sur ses prétendus abus, questions qui étaient accompagnées des vociférations de la majorité, tandis que les réponses étaient elles accompagnées d’autres vociférations mais qui venaient du camp adverse. Images pitoyables données par des représentants du peuple transformés en supporters d’équipes de football criant haro sur l’arbitre. 
Sanctionner les coups francs

Et pour finir voilà l’opposition toute entière, à quelques notables exceptions, qui quitte l’hémicycle sous le regard interloqué des invités venus sans doute plus pour écouter des adultes responsables que des collégiens en recherche d’école buissonnière. Après avoir vu et entendu cela, comment s’étonner encore que les électeurs boudent les rendez-vous électoraux ? Alors que des échéances cruciales attendent notre pays, perdre son temps à philosopher sur des ragots mondains est une réelle offense faite au peuple ; lequel demain va devoir porter remède aux fautes gravissimes de ses représentants. Si personne ne le sait preuve à l’appui, tout le monde est persuadé que le financement des grands partis politiques est entaché par des pratiques qui contreviennent à la loi. De la même façon et de tout temps, c’est la finance qui a fait et défait les gouvernements avec bien sûr un droit de retour. On n’a rien sans rien. Ceci étant, c’est le peuple et lui seul qui va devoir sortir notre pays des difficultés dans lequel il se trouve. Laissons les gens en place proposer des règles et s’il advenait qu’elles soient trop injustes ou trop contraignantes alors ce serait justice qu’ils paient les dividendes de leurs erreurs. C’est désormais le peuple qui est l’arbitre de la partie. C’est à lui de siffler les fautes et de signifier la fin d’une rencontre où les coups francs n’ont pas assez été sanctionnés.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.