Guillaume Truilhé: « Une campagne qui n’intéresse que les journalistes »

A treize mois des élections municipales de 2014, les candidats déclarés sont désormais en mode campagne. Finies les tergiversations, la « cuisine » politique est en marche. Une tambouille, à base de polémiques de communication et d’annonces, sensée convaincre les électeurs mais qui ne semble emballer que les journalistes… Trois candidats déclarés, une droite sous haute tension, une gauche qui peine à masquer ses divisions et une probable multiplication du nombre de prétendants à la mairie sont autant d’éléments qui devraient passionner le public. Pourtant, selon le baromètre de la confiance politique du CEVIPOF, seul 13% des Français déclarent avoir un intérêt pour la politique alors que 26% éprouvent du dégoût et 38% de la méfiance. Une tendance que l’on constate particulièrement en Haute-Garonne puisqu’aux deux dernières élections locales (municipales 2008 et cantonales 2011), le taux d’abstention dépasse la moyenne nationale. Alors pourquoi les Toulousains ne se passionnent-ils pas pour la vie démocratique de leur cité ? Si les réponses à cette question sont sûrement multiples, les coupables de cette situation sont eux clairement identifiés : les médias et les politiques.

 

« En Haute-Garonne, nous manquons de grands journalistes ! »

 

Gilbert Cesbron disait, « il y a deux sortes de journalistes : ceux qui s’intéressent à ce qui intéresse le public ; et ceux qui intéressent le public à ce qui les intéresse – et ce sont les grands. » La constatation est donc amère, en Haute-Garonne, nous manquons de Grands journalistes ! Une conclusion vraisemblablement trop rapide qui doit être complétée par le manque de diversité de l’offre médiatique. En effet, l’hyper-monopole de la Dépêche du Midi sur la PQR stérilise les débats, essentiels à l’intérêt des citoyens à la politique. Nous sommes donc quelque peu coupables du désintérêt des Toulousains, mais avons-nous vraiment la matière pour les intéresser ? Aujourd’hui, les campagnes durent de plus en plus longtemps. Les politiques rivalisent donc d’ingéniosité pour garder les projecteurs braqués sur eux sans pour autant trop se dévoiler. Une stratégie qui les amène à occuper le terrain médiatique le plus possible sans parler de leurs idées. C’est ce que nous proposent à l’heure actuelle les trois candidats déclarés. D’un côté, Jean Luc Moudenc et Christine de Veyrac s’affrontent à coup de petites phrases pour savoir qui sera la tête de liste d’une hypothétique droite unifiée pendant que de l’autre, Pierre Cohen entretient et ravive régulièrement les rancœurs. Une méthode que les électeurs désapprouvent. En effet, pour 85% d’entre eux, les responsables politiques s’occupent « peu ou pas du tout de ce que pensent les gens ». Messieurs et Mesdames les politiques, sortez donc de la politique politicienne pour vous affronter sur le terrain des idées. De notre côté, nous essayerons de devenir « grands »…

 

Guillaume Truilhé est le rédacteur en chef du site www.toulouseinfos.fr

Particularité : Son site compte plus de 4000 visiteurs/jour.

Mail : g.truilhe@gmail.com

 



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