Golfe du Mexique ; Réparer l’irréparable

On ne cesse de dire depuis des années que les ressources en pétrole vont s’épuiser et que de ce fait, il faut se tourner vers des énergies alternatives. Pourtant l’acharnement mis par les compagnies pétrolières à “éponger” la planète en totalité de cette ressource, ne semble pas aller dans ce sens. Il faut dire que le prix de la prospection est largement compensé par le produit de la vente ; lequel est par ailleurs une véritable manne pour les Etats qui la revendent accompagnée par un train de taxes sans précédent. C’est à un tel point que l’on en vient à se demander ce sur quoi les Etats pourraient bien se replier, fiscalement parlant, quand cet or noir aura définitivement disparu des entrailles de la terre. Mais finis les temps des “wildcatters” américains qui jetaient leur couvre-chef en l’air et creusaient où celui-ci atterrissait pour extraire le précieux liquide. Il faut maintenant aller le chercher au plus profond des océans au risque de pollutions gigantesques. Celle toute récente dans le Golfe du Mexique en est l’exemple le plus angoissant. C’est bien sûr une prouesse technique d’aller creuser la roche à quinze cent mètres de profondeur pour pratiquer l’extraction, mais la moindre erreur chirurgicale et c’est la catastrophe d’une hémorragie imprévue que l’on ne sait pas arrêter. Car c’est bien là où le bât blesse, rien n’est prévu en cas de sinistre et l’impuissance fait place à la certitude, le tâtonnement à la technique affirmée.
Responsables

Dans leur toute puissance, les compagnies pétrolières ne peuvent même pas envisager l’échec et donc ne mettent rien en place de manière préventive pour faire face à une fuite éventuelle. La sanction écologique est immédiate et les désordres inestimables. Bien sûr il y a les assurances mais ces dernières ne pourront rien pour remplacer les espèces animales menacées voire même à jamais détruites. Et puis la mutualisation de ces assurances fera qu’in fine ce seront tous les assurés qui contribueront à financer un sinistre auquel ils n’ont en rien contribué. Aujourd’hui la British Petroleum, hier Total, sortiront des milliards de dollars pour faire semblant de réparer l’irréparable. Tout cela n’a qu’un seul but : le profit par l’exploitation au moindre coût alors que par ailleurs leurs bénéfices sont énormes et leur concurrence de façade. Pourtant il serait illusoire et mal venu de contester ces entreprises devenues indispensables. Mais cette vision des choses ne peut en aucun cas les dédouaner pour les accidents qu’elles ont provoqués trop souvent par négligence et toujours pour diminuer leurs coûts de production. Il faut désormais que la justice appelée à régler les litiges et les dégâts dont ils sont la cause, le fasse tant au plan financier qu’au plan pénal. Il faut que leurs responsables sachent que la société les rendra responsables de leurs actes dans la mesure où les sinistres constatés pouvaient être évités. C’est en particulier le cas lorsqu’ils affrètent des navires poubelles pour transporter leurs produits au risque de le voir se répandre dans la mer. La circulation des voitures quoique importante ne vaut pas que cesse le vol des oiseaux.  

Francis Manaud


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