Fanny Mercadié: «Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?» «Prof d’anglais !»

A huit ans déjà, ma carrière était écrite. Peu de gens peuvent dire aujourd’hui qu’ils exercent le métier auquel ils ont rêvé enfant. C’est pourtant mon cas. Outre le fait qu’enseigner était pour moi une vocation au départ, c’est devenu une passion.

Ainsi, pour que l’enseignement reste une passion, je me rends tous les étés depuis quatre ans au Burkina Faso pour du soutien scolaire avec l’association «École Pour Tous Ziniaré». Pendant ces séjours, je reviens aux bases de l’école et je retrouve des enfants qui mesurent leur chance d’apprendre et d’étudier. Car enseigner, c’est selon moi transmettre un savoir, des connaissances. Je me plais à penser qu’un enseignant est là pour susciter la curiosité : d’apprendre de nouvelles choses, de découvrir une nouvelle façon de penser, une autre culture, de réfléchir sur la langue, sur des sujets de société etc. Notre mission tendrait ainsi à tenter d’ouvrir les élèves à un autre monde, hors de leur cadre familial. Nous avons également le devoir de transmettre certaines valeurs telles que le partage, la citoyenneté, le respect des autres… Et croyez-moi, pour faire accepter une culture anglo-saxonne dans le sud-ouest, il faut avoir foi en la profession ! Même au bout de ma huitième rentrée, j’aime toujours autant apprendre, préparer et essayer de transmettre de façon ludique ou pertinente.

 

«Une confiance à regagner auprès des parents»

 

Il est vrai qu’à force d’investissement, on découvre une école qui séduit moins. Par exemple quand un lycée se transforme en entreprise où la seule priorité est de faire rentrer les élèves dans des filières pour remplir des classes ou de promouvoir les diverses options offertes. Ou bien lorsque la formation enseignante (déjà si sommaire !) est laissée pour compte au détriment d’une simple présence en classe (recrutement de professeurs à Pôle Emploi) ou encore quand les réformes s’enchaînent en dépit du bon sens, en laissant le soin aux enseignants de se débrouiller pour les appliquer. Je constate enfin des disparités de plus en plus grandes entre les divers établissements.

Ce métier a été, à mon grand regret, très critiqué et démoli par le précédent gouvernement. Il y a beaucoup à reconstruire, une confiance à regagner auprès des parents, et une image à redorer. J’ai très envie d’être optimiste et de voir en cette rentrée les prémices d’une nette amélioration : création de postes, retour de matières de base comme l’histoire-géo en terminale S et une valorisation de la filière L avec de nouvelles options telles que Littérature et Société ou Littérature en Langue Étrangère.

J’ai bon espoir également quand je vois dès la première semaine de rentrée, des élèves qui n’ont plus peur de parler anglais, qui ont de l’ambition et qui comprennent, du haut de leur quinze ans, l’utilité de ce qu’ils apprennent. Je suis enfin heureuse de constater que le niveau des élèves en anglais est tout de même supérieur à celui de nos parents !



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