Et maintenant la guerre ?

Francis Manaud

Depuis toujours, les présidents qui se sont succédé, d’abord chefs de partie, ont tous déclaré après leur élection devenir le président de tous les Français. Le dernier en date a d’autant moins dérogé à la règle qu’il a tout au long de la campagne parlé de dialogue et d’apaisement. Ce n’est pourtant pas cela qui a transparu le jour de son investiture et lors du déjeuner auquel étaient invités tous les anciens ministres socialistes de la cinquième république. Pourtant s’il est une chose dont les Français sont désormais convaincus, c’est bien qu’il va falloir faire des sacrifices à tous les étages de la société et que pour ce faire il serait éminemment souhaitable qu’un consensus politique voie le jour ne serait-ce que pour confronter les points de vue et mettre en œuvre la meilleure politique possible. Alors bien que la tradition veuille que le parlement soit de la même couleur politique que celle du président, pourquoi n’entrerions- nous pas dans une période de cohabitation qui permettrait avec une volonté réciproque de réussite, de créer la meilleure formule pour notre pays ? Cependant il semble peu probable que cette solution soit appréciée des partis de gauche qui veulent à tout prix avoir la conduite totale des affaires françaises.

De têtes vont tomber

Alors il va falloir attendre ce que seront les élections législatives auxquelles d’ores et déjà s’affèrent les uns et les autres. Le gouvernement provisoire en place, la gauche est prête à gouverner, tandis que la droite tisse sa toile pour lui ôter la possibilité d’avoir tous les pouvoirs. Et dans tous les partis, la guerre à l’investiture fait rage. La gauche boostée par l’élection de François Hollande ; prisonnière de la parité et de ses accords avec les écologistes, voit nombre de ses investitures remises en cause. Chacun voit dans l’élan de la présidentielle une forte opportunité de siéger à l’assemblée nationale et personne ne veut voir passer sa chance. Rien n’y fait, pas même l’obligation qui désormais leur est faite de renoncer aux cumuls des mandats. Les menaces de radiations se multiplient alors que les intérêts régionaux s’opposent à la discipline parisienne en créant ainsi autant de désordres et de menaces de voir triompher la droite. A droite, ce n’est guère mieux et la perte de l’Elysée ne met qu’un frein modeste à une alliance éventuelle avec le Front national. La tentation est grande de voir une droite se recomposer dans laquelle Marine Le Pen aurait toute sa place. Au deuxième tour la bataille sera rude, des têtes vont tomber et des sièges de députés aussi. Il va sans doute en sortir une assemblée nationale dont la physionomie sera totalement différente de l’ancienne avec peut-être l’émergence de partis qui permettront d’être les arbitres d’une politique nouvelle et salvatrice dont la France a tellement besoin. Le renouveau est toujours sorti des guerres. Souhaitons qu’il en soit ainsi car celle qui s’annonce à l’assemblée va déterminer notre destin pour les cinq années à venir.

Francis Manaud



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