Et l’Europe dans tout ça ?

Il fallait bien s’en douter, la crise financière ne s’est pas arrêtée aux frontières de l’Europe. «Quand l’Amérique tousse le monde a la grippe», sauf les pays émergeants qui depuis de nombreuses années permettent justement à l’Amérique de vivre bien au-dessus de ses moyens. Seulement trop, c’est trop, et il fallait bien que la bulle spéculative éclate, éclabousse, et entraîne le monde de la finance à donner la réalité des comptes.
La crise de 1929 n’a été d’aucun enseignement, et pourtant il est bien évident que les mêmes causes entraînent les mêmes effets. A trop vouloir ignorer la réalité des marchés, en cédant aux sirènes de la spéculation, la cure d’amaigrissement risque d’être plus sévère que prévue. Certes les Etats se sont concertés pour venir en aide à leurs banques, mais pourront-ils le faire à la hauteur du sinistre ? D’autant que sachant cela, elles ne vont pas se priver de faire ressortir des créances douteuses qu’elles avaient jusque-là habilement dissimulées pour ne pas effrayer leurs actionnaires. La douleur sera encore plus forte lorsqu’il va falloir se résoudre à chiffrer la valeur réelle des actifs. Et l’Europe dans tout ça ? Force a été de constater que dans ce sauve-qui-peut général, l’Europe dans un premier temps n’a montré aucun signe d’unité. Le «chacun pour soi et les vaches seront bien gardées» a fait recette, et cette belle unité dont on nous rebat les oreilles depuis si longtemps n’a pas résisté longtemps à la panique qui s’est emparée de chacun des pays qui la compose.

Les Gaulois marchent sur la tête !

Cette Europe qui devait nous prémunir de la guerre ne parvenait pas à résister à la déroute économique d’un néo libéralisme devenu fou, et les vieux antagonismes nationaux ne tardaient pas à resurgir. Et pourtant s’il est bien un domaine dans lequel l’Europe devrait se montrer forte et unie c’est bien dans le domaine économique, alors que jusqu’à ce jour la commission ne s’est intéressée qu’à l’avenir des chiens écrasés. Mais à toute cause malheur est bon. Cette réaction nationaliste à cette crise devrait nous conduire à une réflexion sur une refondation de l’Europe qui tienne compte des capacités de chacun de ses états. C’est d’ailleurs ce qui s’est fait jour quand l’on a assisté à des réunions à quatre puis à six puis à quinze avec l’Euro groupe pour faire croire aux peuples qui le composent que l’Euro n’a pas fait que plomber leur pouvoir d’achat. Nul ne conteste qu’il faille que les nations Européennes s’unissent pour constituer un bloc économique et culturel entre l’Amérique et les pays d’Asie, mais il est indispensable que cela se fasse en respectant les spécificités de chacune d’elles pour ne se rencontrer que sur des données fondamentales, universelles qui doivent les cimenter et leur faire oublier dans le temps tout ce qui les a opposées. Et la France dans tout cela ? Nos dirigeants la disaient en faillite et la voilà qui vient au secours des banques à coups de milliards ; des banques dont elle devient la caution moyennant finance. Un soi-disant failli qui devient caution ! On a bien raison de dire que les Gaulois marchent sur la tête !

 Francis Manaud


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