Equité

Lors des derniers championnats du Monde de natation, il a été beaucoup question de cette fameuse combinaison qui fait gagner de précieux dixièmes de secondes à ceux qui la portent. Saisie de la question, la Fédération Internationale de Natation a décidé qu’après les championnats du monde et à compter de 2010, les nageurs reviendraient au traditionnel maillot de bain ; ce qui les mettrait tous sur un pied d’égalité. Seules les qualités intrinsèques des athlètes seraient désormais prises en compte. Cela illustre parfaitement le fait que pour qu’une concurrence quelle qu’elle soit, puisse être validée, il convient que les critères de départ soient identiques. Il en est de même chaque fois qu’une compétition est organisée. Dans le cas contraire, la concurrence est faussée et les résultats par conséquence, le sont aussi. Comment dans ces conditions ne pas comprendre le mal qui frappe l’Europe et le monde en matière d’échange et de commerce dans lequel chacun veut gagner sans que soient définies les règles propres à une concurrence loyale ? Les grands de ce monde ont beau se réunir pour trouver les compromis nécessaires et acceptables par tous, les rencontres achevées, chacun retourne à ses propres pratiques et pour qu’enfin elles soient à son avantage. Et pourtant il existe bien un organisme mondial du commerce qui en théorie devrait assurer une doctrine commerciale qui ouvre la concurrence à des pratiques cohérentes et honnêtes. Il est vrai que les disparités qui existent entre les pays rendent difficile la mise en place d’une harmonie.
Défi majeur

La production des richesses est soumise à de telles différences sociales et humaines que les prix de revient en sont totalement incomparables. Les pays pauvres ou en voie de développement pratiquent des salaires et des conditions de travail que les pays industrialisés c’est-à-dire les pays riches ne peuvent accepter sans qu’il s’ensuive une régression inacceptable. D’où une tendance de plus en plus affirmée de recourir à des pratiques protectionnistes ; lesquelles, si elles devaient prospérer, ne pourraient qu’entraîner un blocage général des échanges et une crise encore plus grave que celle qui vient de secouer notre économie. Les pays industrialisés comme le nôtre ne peuvent se permettre de voir longtemps encore leur outil de production se délocaliser à outrance comme c’est le cas aujourd’hui. Cela est d’autant plus inquiétant pour nous, que l’Union Européenne avec les disparités sociales et économiques des pays qui la composent, se met en auto concurrence et ce dans l’attente d’une harmonisation qui mettra fatalement des décennies à se faire. Si l’on n’y prend garde, cela augure de mouvements sociaux de plus en plus graves sans compter qu’un éclatement de l’Union est toujours possible mais serait désastreux face aux géants asiatiques et américains.
Comme pour la combinaison des nageurs, il va falloir très vite établir des règles mondiales précises qui fassent que la compétition nécessaire pour tirer les peuples vers le haut, se fasse sans que cela soit au détriment d’une partie du monde du travail. Les ennemis du libéralisme comme ceux du collectivisme, ne sont pas les principes mais les hommes chargés de les mettre en œuvre. Chaque pratique peut être bonne en soit à condition d’en fixer les règles et pour tout dire, les limites acceptables au delà desquelles il ne faut pas aller. Il est temps que la jeune génération politique se penche sur cette question fondamentale qui sera le défi majeur de ce siècle.

Francis Manaud


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