Epilogue : La Rochelle

Francis Manaud

Madame Royal battue à La Rochelle. Comme il fallait s’y attendre, la chose allait faire grand bruit. Dans son camp, indignation générale. Mais sans se faire d’illusion, la dame sait bien que dans les recoins du parti, certains doivent se réjouir, la politique n’ayant pas que des modèles de vertus. Voilà donc un parachutage raté dont il convient de tirer de précieux enseignements au plan électoral. Il faut en toutes circonstances que les caciques des partis puissent être élus confortablement et pour cela les états-majors les envoient dans des circonscriptions où ils pensent que les militants ne feront pas trop de vagues et accepteront leur diktat. Peu importe que des années durant ils aient contribué à faire progresser les idées de leur parti, peu importe les hommes, seul compte le mot d’ordre du parti. Il faut d’ailleurs remarquer que de plus en plus, ce n’est pas l’homme et les valeurs qu’il représente que l’on élit mais le plus souvent une étiquette collée sur un candidat que l’on connaît peu ou pas. C’est en 1968 au mois de juin que cette constatation fut la plus flagrante, il suffisait d’avoir l’investiture de l’Udr pour être quasiment sûr d’être élu qui que vous soyez. Depuis les choses n’ont pas ou peu changé et ce sont des cas particuliers comme celui deLa Rochellequi mettent en exergue cette pratique douteuse des partis.

Une grande leçon de civisme et de démocratie

Madame Royal quelques soient par ailleurs ses mérites, pensait qu’arrivée en tête au premier tour, son concurrent du même parti qu’elle allait se désister au nom d’un principe mis en place par le parti mais en aucun cas opposable à son adversaire qui par respect pour ses électeurs s’est donc maintenu. Très largement battue, elle n’hésita pas à parler de trahison dans la mesure évidente où des voix de droite sont allées sur son concurrent. C’est faire peu de cas du mode de scrutin qui a mis les électeurs devant le choix de deux candidats et donc d’un choix dont ils étaient les maîtres. S’élever contre ce choix, c’est ni plus ni moins mettre en doute le vote des citoyens et le principe même de la démocratie. Le choix qui a été fait, montre à l’évidence que les électeurs, de quelque sensibilité qu’ils soient, privilégient celui ou celle qui est le plus proche pour les défendre si besoin en était. En se maintenant au deuxième tour, Olivier Falorni nous a donné une grande leçon de civisme et de démocratie en montrant que les désistements, qui font le jeu des partis, n’étaient ni plus ni moins que des pieds de nez aux électeurs. Pour avoir osé braver le système, il est désormais mis au banc du parti socialiste. Peu lui importe et il a bien raison. Il reste ancré dans ses convictions de gauche et cela au moins, personne ne pourra le lui enlever. Ne pas reconnaître la valeur d’un homme dans l’action, c’est nier une forme d’humanisme, mais après tout, les partis quels qu’ils soient sont-ils capables d’en faire preuve ? Olivier Falorni n’est pas un traître, c’est tout simplement un honnête homme dont beaucoup seraient bien avisés de s’inspirer.



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