Epilogue ?

Francis Manaud

On aurait pu penser qu’avec la mort de Mohamed Merah, notre attention allait désormais se focaliser sur l’élection présidentielle maintenant toute proche. C’était sans compter sur toutes les interrogations des uns et des autres notamment sur le fait que l’on n’ait pas pu le prendre vivant. Il est bien sûr toujours plus facile de spéculer quand l’on est hors de l’action que lorsque les décisions doivent être prises en quelques fractions de secondes. Pour le prendre vivant, il aurait fallu faire le siège de tout un quartier que l’on aurait paralysé avec ses habitants, le temps nécessaire à son épuisement. Quel avantage en aurait-on tiré ? Peut-être les enquêteurs auraient-ils pu mieux cerner le personnage et lui faire dire le pourquoi et le comment de son périple meurtrier. Il aurait indiqué d’éventuels complices et surtout les familles auraient pu voir en face le meurtrier de leurs proches. Eussent-ils en été moins meurtris pour autant ? Cela reste à démontrer. Il aurait été emprisonné, condamné vraisemblablement à la perpétuité avec le risque de le voir ressortir un jour, et celui qu’il écrive un livre dont il aurait tiré profit. De plus la société aurait couru le risque qu’il fasse du prosélytisme en prison en faisant des adeptes de son fanatisme religieux. Tout cela nous aurait coûté fort cher, les interrogatoires, les Assises, l’appel, autant de tribunes avec des avocats pour le défendre et ajouter ainsi à la douleur des parents qui n’ont pas besoin de cela.

Des bombes à retardement

Il aurait été nourri et logé aux frais d’une société qui n’a que faire de tels individus qui jusque-là vivent ou ont vécu à son crochet. Il est cependant légitime de se poser la question de savoir pourquoi un individu peut en arriver à de telles abjections et en quoi la société peut en être d’une certaine façon rendue responsable. En premier lieu ses parents, un père qui abandonne la famille et qui plus est à l’outrecuidance de demander des comptes. On peut espérer quela Francene donnera pas suite à sa plainte et qu’il sera définitivement interdit sur le territoire national. Si la dérive meurtrière peut aisément s’expliquer par des échecs et des rejets successifs, il faut impérativement en tirer les conséquences pour que de tels actes ne soient plus possibles sur notre sol. L’intégration de ces jeunes de la deuxième génération se pose avec de plus en plus d’acuité pour éviter qu’ils ne basculent dans un extrémisme meurtrier. Cette intégration passe inévitablement par un effort sans précédent de la société pour leur éducation puisque les parents s’avèrent impuissants dans ce domaine. L’école doit être cet effort, les candidats à la présidence doivent en être convaincus. Elle aurait le mérite de les convaincre à mettre fin à cette ambigüité de la double nationalité qui perturbe ceux qui en bénéficient sans qu’ils puissent choisir une fois pour toute la patrie de leur choix. Nous ne pouvons plus nous permettre de conserver dans nos villes et nos villages ces bombes à retardement, d’autres défis sont à relever. Mettons un terme à l’angoisse.

Francis Manaud



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.