Entre conflits d’intérêt et différend familial

On ne parle plus guère que de l’affaire Bettencourt et il est fort à parier que l’on n’est pas près de voir la fin de cette pénible affaire qui met en jeu tant de conflits d’intérêts sous le couvert d’un différend familial. Paradoxalement bien que son nom et sa fortune soient à l’origine de l’affaire, Liliane Bettencourt est demeurée en retrait. On peut aisément comprendre pourquoi lorsque l’on a suivi l’interview qu’elle a accordée à la télévision. Il y est clairement apparu qu’elle était en dehors des réalités qui sont les plus souvent partagées par d’autres, ce qui somme toute peut paraître normal s’agissant de la femme la plus riche de France. On a pu comprendre qu’en réalité la maîtrise de toutes ses actions lui était étrangère, tant autour d’elle tout était prévu pour lui éviter le moindre souci et le moindre effort. Dans ces conditions, on peut également comprendre l’attitude de sa fille qui peut légitimement s’interroger sur les motifs réels des personnages qui l’entourent et qui peuvent profiter de son détachement à l’argent dont il paraît évident qu’elle avait une notion totalement éloignée de la réalité. Le cas de cette femme est une occasion unique de se rendre compte que l’on peut avoir tout l’argent du monde sans être heureux pour autant, à partir du moment où l’environnement n’est que suspicion tant de la part de la famille que des gens supposés vous servir.
Un système fiscal tellement complexe

De sa fille elle peut penser qu’elle agit pour sauvegarder ses biens plutôt que vouloir la protéger. Plus ambiguë encore est la position du conseiller financier. Sa mission bien sûr est de se substituer à elle pour gérer sa fortune tout en respectant les règles imposées par la loi. Or il s’avère que des omissions coupables peuvent lui valoir des ennuis fiscaux dont bien évidemment elle devra supporter le poids soit par l’incompétence, soit par excès de zèle de celui auquel elle a fait confiance. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à devoir pâtir d’une profession qui parfois amène des individus trop crédules à la catastrophe. Combien d’acteurs, de sportifs ou autres chanteurs ont-ils confié leur avenir financier à des hommes sans scrupules qui les ont purement et simplement ruinés. Ce ne sera pas le cas de Madame Bettencourt mais les montages financiers dans lesquels elle a été engagée auraient pu s’avérer catastrophiques pour quelqu’un qui n’aurait pas eu son envergure financière. Il convient aussi de dire que notre système fiscal est tellement complexe qu’il favorise les multitudes de manœuvres dont se prévalent ses conseillers pour justifier leurs honoraires quand ce n’est pas à leur propre profit. Les manquements dans ces professions devraient être sévèrement sanctionnés pour éviter les abus trop souvent constatés. Cette affaire Bettencourt devrait permettre à nos dirigeants de mettre en lumière toutes ces possibilités d’évasions fiscales et de réduire à néant cette multitude de niches dans lesquelles un chien ne retrouverait pas ses petits. Et ne parlons pas du photographe. Celui-là n’a pas perdu son temps. Et qui a pu dire que l’amitié n’avait pas de prix ? Quant aux politiques… Jetons un voile pudique sur la question, mais attention, la brigade financière a la dent pointue et la ténacité féroce.  

Francis Manaud




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