Enfin les vacances !

Voilà tout est pratiquement dit. Le prix des carburants, celui des autoroutes, celui du gaz et des tickets de métro, rien ne pourrait arrêter le flot grandissant des automobilistes qui partent s’engluer dans des files gigantesques pour fuir leur quotidien et partir en vacances. Il faut croire que leur vie de tous les jours est encore plus cauchemardesque que les bouchons qu’ils vont devoir affronter durant des heures et parfois des jours. Ils laissent derrière eux la coupe de France lamentable, le déficit abyssal de la France, les abus de quelques ministres et les millions en Suisse de madame Bettencourt. Ils partent se laver de leurs soucis, de leurs angoisses, de la morosité d’une vie que rien n’éclaire. Cette soif d’insouciance va les conduire à la mer, à la montagne, parfois à la campagne, à l’hôtel ou au camping, peu importe, mais vers un ailleurs qu’ils souhaitent avant tout. Ils repensent à cette coupe du monde qu’ils auraient bien aimé que l’on brandisse en Afrique du sud. On a beau dire et beau faire la fierté reste un baume apaisant quand tout va de travers. Au lieu de cela, ils ont eu droit à la honte d’avoir perdu sans combattre.
L’incompétence en système

Ils ont vécu la dérive et l’humiliation d’une jeunesse à laquelle on a appris à pousser dans un ballon avant de lui apprendre ce qui fera qu’ils deviendront des hommes chargés de transmettre à leur tour des valeurs dont visiblement à ce jour ils n’ont aucune conscience. Sur le sable de la plage, ils repenseront aux départs, aux démissions, aux regrets de ceux que l’on considère comme coupables et qui seront remplacés par ceux dont on pense qu’ils sauront mieux faire. En s’essoufflant sur les chemins de randonnées en montagne ils repenseront aux mille cinq cent milliards que patiemment des générations d’hommes politiques incompétents ont réussi à emprunter sans savoir comment ils allaient pouvoir les rembourser, et en laissant hypocritement aux autres le soin de se charger d’un fardeau de plus en plus lourd ! Mais ceux-là à l’inverse des sportifs, on ne les démissionne pas et ils ont même l’audace de redemander aux François de leur faire confiance. Et arrivés au sommet du sentier comme ils aimeraient pouvoir leur dire : «On vous avait fait confiance, vous avez échoué, désormais il vous sera interdit de prétendre représenter le peuple». Mais non, chez ces gens-là on s’obstine à cultiver l’erreur comme nos paysans cultivent le maïs. Ils ont érigé l’incompétence en système jusqu’au jour où la sagesse populaire ou bien le désespoir les poussera définitivement hors jeu. En attendant le citoyen lambda lui, respire pour quelques jours le parfum de la liberté tout en sachant qu’au retour il rencontrera factures, impôts et hausses de tous ordres. Il quittera les autoroutes et leur vitesse pour affronter le pavé des rues et de la contestation. Mille cinq cent milliards, il va falloir les trouver. Rassurons-nous, ce sera dans les poches du plus grand nombre. Les autres sont ailleurs. Savent-ils seulement où ils sont vraiment ?

Francis Manaud


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