Emilion Esnault « La diversité, victime des travaux du centre-ville ! »

Les Socialistes en ont fait leur leitmotiv, leur marque de fabrique depuis des années : la diversité.

Pourtant, à Toulouse, ils viennent de lui porter un mauvais coup. Menés à la hâte, sans réflexion ni concertation, les travaux du centre-ville viennent de donner le coup d’envoi du mouvement d’uniformisation qui le guettait. Au-delà de l’aspect esthétique – qu’on ne contestera pas – et au-delà de l’inégalité de traitement criante entre les quartiers et l’hyper-centre, ces travaux se sont accompagnés de la suppression de places de parking et d’une chasse dogmatique à la voiture. Alors oui, pour un visiteur du dimanche, c’est plus esthétique. Mais pour les habitants, la situation s’est tendue. Des centaines de places de parking en moins, une offre de parking souterrains 7 fois plus chère que le stationnement résidant, des bouchons toujours plus denses, une circulation chaotique dans les rues mises en « espace partagé » avec les piétons… A l’usage, la « ville apaisée » tant vantée sur les brochures municipales se révèle être « une ville énervée ». La réalité, c’est que les habitants du centre-ville qui ont besoin de leur véhicule au quotidien le vivent très mal. Le Capitole a imposé une « ville à visiter », quand les habitants voulaient « une ville à vivre ».

 

« La voiture reste indispensable à certains »

 

Nous approuvons et soutenons le développement des transports en commun. Mais admettons que la voiture reste indispensable à certains. Contraintes, les populations qui ont besoin de leur voiture quitteront à terme le centre-ville. Une sélection sociologique qui ne dit pas son nom est devant nous. Elle va s’opérer lentement mais inéluctablement. Les jeunes, étudiants, et professions tertiaires (aisées) qui travaillent en centre-ville resteront. Ceux qui ont un garage privatif ou les moyens de s’en payer un, resteront aussi. Les familles, les séniors, les plus modestes qui ont besoin de leur voiture partiront en périphérie. A Toulouse, la diversité sociologique a pris un coup. Quelques mois auront suffi aux Socialistes pour détruire à coups de marteau piqueur et tractopelle, tous les efforts qu’une politique sociale digne de ce nom peut construire en une décennie. La même sélection guette les commerces.

Tandis que les grandes surfaces offrent un accès aux voitures et un parking gratuit, la municipalité vient d’imposer le contraire aux commerces de proximité du centre-ville. Qui ira acheter de l’électroménager lourd en pleine zone piétonne ? Personne. Seules les enseignes de prêt-à-porter, de téléphonie mobile et les banques vont tirer leur épingle du jeu. Quelques mois de coups de pioche ont réduit à néant dix années de politique en faveur de la diversité commerciale.
Est-ce ce Toulouse-là, uniforme, sans âme, sans identité, que nous voulons ?

Emilion Esnault est le responsable communication de « Toulouse Avenir », l’association de Jean-Luc Moudenc

Particularité : Il est depuis 2008 l’un des fidèles de l’ancien maire.

Twitter : @EmilionEsnault



4 COMMENTAIRES SUR Emilion Esnault « La diversité, victime des travaux du centre-ville ! »

  1. MOLINIER dit :

    Il faut espérer que les toulousains sauront voir la situation ubuesque crée par des personnes qui visiblement n’aiment pas cette ville de Toulouse, pourtant si attrayante.
    Le vote de mars se prépare dès aujourd’hui!

  2. Raynal Christian dit :

    Cher Emilion tu n’es pas le seul a etre un “un fidele de JLM depuis 1988.

  3. Daumont dit :

    Très bonne analyse

  4. JP dit :

    Je comprends pas trop où vous voulez en venir… Pourtant les gens sont plutôt content du stationnement résident, à terme les parkings de l’hyper centre tel celui du Capitole seront réservés aux riverains (dommage qu’une concession de 20 ans ait été signée en 2007 avec Vinci…) et les riverains n’ont aucune restriction de circulation… D’autre part, on a de moins en moins besoin de voiture dans une ville comme Toulouse : TC, vélo, véloToulouse, autopartage…

    Je n’ose pas imaginer que vous souhaitiez faire marche arrière sur la piétonisation… on serait bien la première ville en Europe à le faire !
    Si le problème est d’acheter de l’électroménager dans l’hypercentre, ce doit être solutionable Déjà, il n’y pas de tels magasins à ma connaissance dans les rues sous contrôles d’accès ce qui résout le problème en partie… Et puis les bornes d’accès ne sont pas hermétique non plus, en cas de chargement ou de nécessité, on vous ouvre…
    Quant à l’aspect social, si vous êtes au pouvoir, vous tenterez donc certainement de réguler le marché de l’immobilier car avec ou sans péitonisation c’est très cher. Et puis habiter en ville et se déplacer en voiture c’est jeter l’argent par les fenêtre…
    Enfin pour les zones de rencontre, la rue Pargaminières est quand même plus aimable actuellement qu’avant… Même les commerçants de la rue des Lis et des Blanchets veulent la même chose !!!

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