Emilie Teyssedre et Camille Carton: « Pour les féministes, le 8 mars, c’est toute l’année ! »

Le 8 mars serait « notre journée » où l’on nous offre des fleurs au bon souvenir des inégalités qui appartiendraient à un autre temps. « Journée de la femme », oui… mais quelle femme ? La journée internationale de défense des droits des femmes, c’est son nom, est l’occasion de remettre les points sur les « i » : « LA femme » n’existe pas, elle n’est pas une et indivisible tout autant que les droits des femmes ne sont pas complètement acquis et sont constamment remis en cause.

 

En 2013, le 8 mars est encore nécessaire et le sera tant que l’égalité réelle entre les femmes et les hommes ne sera pas atteinte. En France, les femmes gagnent toujours 27% de moins que leurs collègues masculins. Elles ne sont que 26,9% à occuper les sièges de l’Assemblée nationale – après une certaine progression – preuve par ailleurs que les lois pour la parité sont loin d’avoir été inutiles mais restent inefficaces.

Rappelons aussi que chaque année dans l’Hexagone, 75 000 femmes sont victimes de viol, quand une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. Ainsi, les violences faites aux femmes sont un véritable phénomène de société. Malgré cela, dans l’enseignement supérieur, les soirées étudiantes et autres bizutages continuent à entretenir un climat pro-violences sexuelles directement issu du système de domination masculine. OLF a dénoncé récemment ces pratiques à l’IEP de Toulouse…

Le 8 mars est donc bel et bien la journée des droits des femmes, journée qui met en lumière  que le rôle social ne saurait être déterminé en fonction de l’appareil génital !

 

Dans le monde entier, cette journée est importante. L’an passé, tandis que les Indiennes, choquées par le viol collectif d’une jeune fille qui en a perdu la vie, descendaient par dizaines de milliers dans les rues, les féministes françaises manifestaient également dans la rue pour soutenir Nina et Aurélie, victimes de viols collectifs qui auraient pu, elles aussi, en mourir.
Au Mali, le nouveau code de la famille a abaissé l’âge du mariage à 16 ans pour les femmes (18 ans pour les hommes) et favorise les hommes en matière d’héritage ou de garde des enfants en cas de divorce. Les actrices à part entière de la chute des dictatures dans les pays du « printemps arabe », essayent aujourd’hui difficilement de faire entendre leur voix dans un contexte politique et religieux qui veut les maintenir sous le joug de la domination masculine.

Le droit de disposer de son corps, premier droit des femmes, n’est pas acquis dans certains pays européens comme l’Irlande où l’avortement est interdit : une femme qui faisait une fausse-couche en est morte récemment et des manifestations ont eu lieu à Dublin. Le droit à l’IVG est constamment menacé en France aussi : les fermetures des centres IVG  obligent plus de 5000 femmes à partir chaque année à l’étranger.

 

Les exemples de coups portés aux droits des femmes en France ne sont que trop nombreux… Féministes, nous avons le devoir de lutter pour une égalité réelle, prolongeant ainsi le combat de nos aînées mais aussi celui des femmes du monde entier. Toute avancée des droits des femmes dans le monde est une victoire qui nous rappelle que le 8 mars n’est ni dépassé, ni superficiel et encore moins un temps de répit face aux inégalités qui sévissent 365 jours par an et que nous combattons chaque jour.

 

Emilie Teyssedre et Camille Carton sont les porte-parole de «  Osez le féminisme 31 ! »



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