Election présidentielle ; Paroles, paroles…

Les élections cantonales sont passées, triomphales pour les uns, perdues quoiqu’ils en disent pour les autres, mais ce dont l’on peut être sûr, c’est de la progression inéluctable de l’abstention. Abstention inquiétante bien sûr car elle éloigne de plus en plus le peuple de la réalité politique dont pourtant il aurait bien besoin, pour faire face aux multiples défis que les générations à venir vont devoir relever. En effet, deux grandes préoccupations se profilent à l’horizon de l’élection présidentielle : le remboursement de la dette publique accumulée par des décennies de gouvernements incompétents, et l’allongement de la durée de vie ; une bonne chose en soi mais qui incontestablement, va poser des questions de financement pour assurer des retraites décentes. On aurait pu craindre face aux difficultés qui se présentent, le peu d’empressement de nos hommes politiques à se lancer dans la bataille présidentielle. Au contraire ! Il semble bien que ces difficultés non seulement ne rebutent personne mais que les candidats multiples et varies commencent à se presser sur la ligne de départ comme si chacun ou chacune devait posséder la formule magique pour nous sortir de l’ornière sans bourse déliée. Ils se battent tous pour obtenir l’investiture d’un parti sans lequel la bataille semble perdue d’avance. Tous ont décidé de faire appel à une pré-consultation destinée à leur donner une légitimité qu’ils semblent bien incapables de susciter par eux-mêmes sur leur seul mérite.
Stop aux promesses électorales sans lendemain

La droite, la gauche, les Verts, tous veulent se présenter avec la légitimité d’un peuple qui ne vote plus qu’à moins de 50 % et qui a cessé depuis bien longtemps de croire aux promesses qui lui sont faites. Car une fois de plus, des promesses, nous allons en avoir. Chacun ira de sa surenchère avec comme arrière pensée, d’avoir le pouvoir et d’ensuite en user au gré des événements. Car à n’en pas douter, tous les prétextes seront bons, l’économie mondiale, la croissance en panne, la hausse du prix des matières premières et mille autres choses pour justifier d’un échec des promesses faites. Ce fut le cas par exemple pour celui qui voulut être le sauveur du pouvoir d’achat ou pour l’autre grand chantre de la cohésion sociale. Autant de promesses qui ne prirent forme que dans les esprits de ceux qui voulaient nous y faire croire. Si l’on veut qu’un jour le peuple retourne aux urnes, il faudra que les hommes politiques engagent leur carrière sur les résultats obtenus comme tout un chacun le fait dans la tâche qu’il doit accomplir. En cas d’échec, exit pour toujours, place à un autre et interdiction à jamais de se représenter au suffrage populaire. Cette façon de faire aurait l’avantage de mettre un frein à des promesses électorales sans lendemain tout en favorisant des émergences dans un personnel politique de plus en plus fossilisé. Puisque cette attitude des élus, qui devrait aller d’elle-même face aux échecs, ne produit aucun effet, il faudra bien un jour l’imposer dans nos institutions. Pour cela, il faudra du courage mais où le trouvera-t-on ? Sans nul doute dans la volonté populaire, la seule qui vaille réellement.    

Francis Manaud


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