Ecran de fumée

Depuis quelques semaines, l’ensemble des journalistes font leurs gros titres sur des affaires qui touchent à des faits divers qui sont montés en épingle mais qui pour autant n’intéressent que très peu une opinion publique bien plus concernée par ses préoccupations quotidiennes. L’affaire Clearstream tout d’abord, dont on commence à peine à comprendre les contours mais qui malheureusement met en lumière des comportements d’hommes politiques dont on souhaiterait que leurs préoccupations soient d’autres natures. Une instruction qui aura mobilisé l’institution judiciaire pendant des années. Des protagonistes dont les mensonges croisés ne peuvent que brouiller les pistes sur lesquelles les juges auront bien du mal à trouver le chemin de la vérité. Une seule certitude : des listings trafiqués par qui, on le sait, mais au profit de qui ? Bien malin qui saura le dire. Des semaines de procès d’audition de témoignages divers pour se rendre compte que cela n’aura en fin de compte servi à rien si ce n’est à amuser la galerie et à remuer une boue qui est loin de faire honneur à notre république et à ceux qui la représentent. De l’argent dépensé, du temps perdu pour une institution judiciaire qui a du mal à joindre les deux bouts et à rendre justice à ceux et à celles qui en ont réellement besoin. Et que l’on ne s’y trompe pas : quelle que soit la décision, ils iront en appel et la mascarade continuera.
Les limites de la démocratie

L’affaire Mitterrand encore autre chose illustre la succession des maladresses d’un homme qui aurait mieux fait de couler des jours paisibles à la villa Medicis. Tout d’abord son annonce prématurée sur sa nomination avant même que le Président ne le fasse, sans oublier Christine Albanel pour laquelle ce fut sans nul doute un manque de courtoisie pour ne pas dire plus. Et sa prise de position dans l’affaire Polanski dans laquelle il prend position sans crier gare et sans se rendre compte que sa parole désormais, c’est la parole de la France ; notre pays par ses propos prend alors position sur une affaire judiciaire qui concerne un pays étranger. Enfin la polémique sur son écrit sur le tourisme sexuel qui l’a obligé à se justifier sur un sujet d’autant plus sensible qu’il touche de plus en plus l’opinion publique. Tout cela fait beaucoup et si le Président qui n’aime pas se déjuger ne l’a pas démissionné, il devrait à l’honneur de sa fonction le faire lui-même. Ce n’est pas le cas et c’est dommage. Peut-être au prochain dérapage ? Enfin l’affaire Jean Sarkozy : ce gamin dont la valeur n’attend pas le nombre des années et qui se positionne pour diriger le plus grand centre d’affaires d’Europe. On a beau dire que c’est un élu, il ne l’a pas été n’importe où et qui pourrait prétendre que son nom et l’appui de son père n’ont pas été déterminants ? La démocratie montre ici ses limites et ses perversions tandis que le totalitarisme montre le bout de son nez. Et pendant ce temps, les paysans jettent leur lait, les viticulteurs arrachent leurs vignes, en un an nous aurons quatre cent mille chômeurs de plus, 140 milliards de dettes, des jeunes sans travail qu’ils soient avec ou sans diplômes, des usines qui ferment, des savoir-faire qui s’expatrient et des étrangers qui affluent parce qu’ils imaginent qu’ici, c’est mieux qu’ailleurs. Continuons à parler d’autre chose, c’est tellement plus facile !

 Francis Manaud


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