Droit et devoir

Nous n’avons pas fini, avec les jeux olympiques, d’entendre parler des Droits de l’Homme. D’ailleurs et de plus en plus, le droit ne cesse d’être évoqué : droit du travail, droit de la femme, droit des affaires, droit civil, droit pénal, droit du commerce, et la liste n’est pas exhaustive pour énumérer l’ensemble de nos droits.
 Les devoirs en revanche, ne sont que rarement évoqués, alors qu’il est bien évident que l’un ne va pas sans l’autre ; ce que, pour des questions de commodité ou encore de surdité l’on a tendance à oublier. Les anciens évoquaient souvent leur devoir, notamment celui qui consistait à prendre en charge leurs parents âgés dans leur propre foyer. Désormais les statistiques en font foi, les anciens meurent pour la plupart dans les hôpitaux, les enfants arrivant trop tard, ce sont les infirmières qui recueillent leur dernier soupir. Les jeunes faisaient aussi leur devoir pour défendre la patrie qui les avait vus naître et partaient comme en 1914 “récupérer” l’Alsace et la Lorraine. En fait tout se passe désormais comme si seul le droit avait, c’est le cas de le dire, droit de cité. A l’image des Etats-Unis : au moindre problème on sollicite la justice qui étouffe sous les dossiers, avec des avocats souvent sans cause qui incitent à entamer des procédures, dont certains savent (pas tous) qu’elles seront désavantageuses pour leurs clients.

L’éducation doit prévaloir

Que dire des procès d’Assises dans lesquels il semble que le droit des criminels soit plus respecté que ceux des victimes dont les familles sont le plus souvent oubliées alors que le devoir de la société devrait consister à tout faire pour leur garantir pour le moins le respect dû à leur chagrin. Mais voilà, la victime n’est plus là, alors faisons tout pour excuser le crime ou tout au moins pour le rendre plus humain ! Sans être passéiste l’étude de la morale, grâce à la petite phrase inscrite au tableau noir du maître, nous apprenait à faire la différence entre le bien et le mal, entre nos obligations et le droit qui en découlait. On assiste de plus en plus au refus des gens à assumer leur faute comme si la reconnaître leur supprimait leur droit à la justifier, même à faire référence à la fragilité de la nature humaine. Lorsque l’on peut lire à la rubrique “faits divers” que tel automobiliste s’est enfui après un accident et supprimer ainsi son devoir face à la victime pour qu’elle puisse faire valoir ses droits, l’on se rend compte de l’état de délabrement moral dans lequel nos concitoyens s’enfoncent de plus en plus, sans parler de remord, notion qui semble de plus en plus étrangère à notre vie en société. Alors que faire si ce n’est revenir à des valeurs fondamentales simples. Apprendre que vivre en société implique tout d’abord les obligations que nous avons les uns par rapport aux autres. Que seulement dans le cas où ces obligations ne sont pas respectées, alors et alors seulement, c’est le droit qui doit prévaloir. Mais tout ceci ne correspond qu’à un seul mot : l’éducation. Elle doit être notre souci constant sans quoi il nous faut craindre le pire, et le pire a un nom : l’anarchie.
 

Francis Manaud


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