Dommage !

Les récents événements survenus à Toulouse et Montauban, en même temps qu’étaient connus le nom des dix candidats à l’élection Présidentielle, doivent nous interpeller. En effet peuvent-ils modifier de façon profonde l’issue du scrutin, et dans quelle mesure les candidats ont-ils intérêt à utiliser ces événements dans le but de faire progresser leur électorat ? On peut d’ores et déjà constater que les son- dages qui bien sûr n’avaient pas pris en compte ces événements inattendus, sont pris en défaut mettant ainsi en lumière la relativité de leurs résultats. Cela permet aussi de constater combien une élection de quelque nature qu’elle soit peut être modifiée jusqu’au dernier moment par la brusque survenance d’un fait qui va focaliser l’attention voire la crainte ou la peur des électeurs. Brusquement les esprits se tournent sur ce qui les préoccupe dans l’instant pour ne plus s’intéresser à ce qui pourtant est le plus essentiel dans leur vie quotidienne. En mettant entre parenthèse la campagne électorale pendant quarante-huit heures, les candidats en ont bien pris conscience sans toutefois avoir mis à profit cette trêve pour montrer à la population leur souci unanime de faire front commun face à la menace terroriste. On aurait pu imaginer par exemple qu’ils se réunissent tous autour de deux journalistes pour montrer qu’au plus haut niveau de la Nation, quand son intérêt suprême est en jeu, l’union sacrée est de mise, tandis que les divergences de tous ordres doivent être mises de côté. C’est bien d’ailleurs ce qu’ont montré les grandes autorités religieuses de ce pays qui n’ont pas hésité à faire face en commun contre ce qu’elles considèrent comme une menace extrême à la cohésion sociale.

Consensus de façade

On ne peut pas dire pourtant que leurs religions soient identiques sauf peut-être in fine pour le bien des hommes, et la sauvegarde de la morale en toutes circonstances. C’est donc par un consensus de façade sur l’action de la police que nos hommes politiques ont accueilli le dénouement de cette grave affaire. Sitôt le traumatisme passé, les fissures sont apparues et les critiques les plus diverses ont été avancées encore une fois pour déstabiliser les adversaires. Pourtant, qu’il eut été rassurant pour ceux qui vont bientôt déposer leurs bulletins dans les urnes de constater que sur au moins un point, la Nation était capable de parler d’une seule voix, ne serait-ce que pour faire front face à la menace extérieure. C’était en outre à l’instar des autorités religieuses le moyen de gommer les communautarismes qui empoisonnent notre vie. Il faut peu de choses pour qu’une Nation s’exprime d’une seule voix. Une victoire sportive, ou encore le sentiment d’avoir mis fin à un danger imminent qu’il soit matériel ou humain. Ce fut le cas à Toulouse mais les états majors politiques sont restés sur leur quant à soi. La campagne politique va rester affectée par l’événement et les résultats vont en être faussés. Ils n’ont pas su en faire un lien de confiance et d’unité de la Nation, et c’est bien dommage.

Francis Manaud



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