Didier Martinez « Alors demain, quelle sécurité pour la population ? »

En marge des cérémonies solennelles qui nous rappellent l’ampleur de l’affaire Merah,  en marge des polémiques qui très vite n’ont pas manqué de surgir et alimenter des querelles récurrentes, il est opportun de se poser les bonnes questions. Alors demain, quelle sécurité pour la population ? Quelle efficacité des services de Police ? Les enseignements à retenir de cette dramatique affaire sont-ils mis à profit pour assurément ne pas se retrouver à nouveau confrontés à pareille situation ? A l’évidence chacun tire les conséquences, c’est un point de départ, et de nombreuses orientations stratégiques ont été explorées. Pour autant, « la » grande réforme du renseignement tarde à se concrétiser. Les récentes affaires de règlements de comptes, braquages violents, usage d’armes de guerre, démontrent l’impérieuse nécessité pour la Police Nationale de se doter au plus vite d’une structure de renseignement optimale.

« Mettre au plus vite hors d’état de nuire les réseaux mafieux ou terroristes »

Il ne s’agit plus de réagir, contenir, subir les activités criminelles de tout ordre, mais bel et bien d’anticiper pour prévenir et mettre au plus vite hors d’état de nuire les réseaux mafieux ou terroristes. A Toulouse comme partout sur le territoire, les forces de Police interpellent les auteurs de crimes et délits, et les remettent à la justice. Ce travail est rendu chaque jour plus difficile et dangereux  de par la gravité des faits constatés, les moyens employés, notamment usage d’armes de guerre, et l’absence totale de respect de la vie humaine. Aujourd’hui on fonce sur un Policier parce qu’on n’est pas assuré, on tue un fonctionnaire parce qu’on a perdu ses points de permis, on détruit une famille parce qu’on a trop bu… Alors lorsqu’il s’agit de ne pas se laisser interpeller dans le cadre d’affaires criminelles, tout est bon pour échapper à l’arrestation. Jusqu’à tuer. Si les Policiers toulousains ont démontré une totale maîtrise des événements durant les onze jours dramatiques de l’affaire Merah, c’est par leur expérience acquise au fil d’événements exceptionnels et hors norme, comme AZF en 2001. Le sang-froid et le savoir-faire de la gestion de crise, le professionnalisme en toutes circonstances, tels ont été les ingrédients nécessaires à l’activité de nos collègues durant cet épisode tragique. Mobilisés, pleinement investis et déterminés, les Policiers n’ont pas compté leurs heures, n’ont pas ménagé leurs efforts et leur investissement, tous services et toutes unités confondus. Des moyens humains considérables ont été affectés à Toulouse pour aboutir au plus vite dans l’enquête. En effet, les résultats ont été très rapides. On connaît le scénario.

L’après-Merah a laissé planer l’amertume. Les services prestigieux ont été remerciés, les hauts chefs de services ont été récompensés, les Policiers Toulousains ont été oubliés. Ceux qui, comme beaucoup de leurs collègues de la région (n’oublions pas Montauban), ont subi l’application d’un plan vigipirate écarlate, inédit en France, avec toutes les contraintes assorties.

Ils sont pourtant au front et en première ligne, tous les jours, pris à partie, blessés, outragés et malmenés tant physiquement que verbalement. Désabusés, amers, fatalistes mais ils continuent…

 

 

Didier Martinez est le Secrétaire Régional UNITE SGP POLICE – FO.

Particularité : Unité SGP est le syndicat majoritaire dans la Police nationale

Mail : region.midi-pyrenees@unitesgppolice.fr



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