Didier Cujives « Nous n’avons pas besoin d’un nouveau périphérique »

La mobilité de nos concitoyens est un enjeu majeur maintenant et pour les prochaines décennies. Les territoires périurbains, comme celui du Pays Tolosan (Territoire du Nord de la Haute Garonne regroupant 72 communes et 101.000 habitants) accueillent une part importante de la population en très forte croissance de l’aire urbaine toulousaine. Cette nouvelle population liée au dynamisme économique de la région génère des déplacements qui contribuent à l’engorgement de la rocade périphérique. Il est inutile de nier ou de contester cette réalité et les élus de ce territoire, comme ceux de Toulouse Métropole ont la responsabilité d’imaginer ensemble, l’évolution des modes de déplacements. Aussi je n’hésite pas aujourd’hui à désavouer les projets qui affirment que la solution serait d’envisager une nouvelle voie de contournement. Pour mémoire, je rappelle qu’il y a eu un débat public sur le sujet en 2007, qui a conduit l’Etat à refuser ce projet en 2008. A cela s’ajoute que le fait d’augmenter l’usage de la voiture est contraire aux recommandations du Grenelle de l’Environnement. Quant à l’idée qui consiste à assener que cela réduirait le trafic de transit, il est  utile de repréciser que celui-ci ne concerne que 8% du trafic du périphérique. En conséquence l’engorgement des accès et périphériques de l’agglomération toulousaine est consécutif à son expansion démographique, conséquence de son attractivité et vitalité économique. Nous devons contribuer à aider les dispositifs engagés pour diminuer l’usage de la voiture en solo ou  « autosolisme ». Ces dispositifs sont institués par les élus, les entreprises et les responsables associatifs : il nous appartient de les renforcer et de les développer. Loin des recettes miracles du « tout voiture », ces dispositifs s’articulent autour d’objectifs comme la lutte contre l’étalement périurbain et le rapprochement entre l’emploi et l’habitat.

« Les modes de transports doux doivent envahir nos trottoirs et nos voiries »

Il faut renforcer et promouvoir les réseaux de transport collectif cadencés (lignes  HOP du Conseil Général et les lignes TISSEO et les lignes ferroviaires TER). La mise en place de transports à la demande (TAD), le rabattement vers les lignes rapides doivent devenir prioritaires ; l’émergence de Plans de Déplacements d’Entreprises et Inter-Entreprises (PDE/PDIE) avec une collaboration entre Entreprises et des Territoires permettra de prendre en compte les déplacements domicile/travail. Les modes de transports doux comme le vélo ou encore les Pédibus  doivent envahir nos trottoirs et nos voiries. Des initiatives émergent autour des aires de covoiturage ou de l’auto-partage. Toutes ces actions doivent évidemment être soutenues et relayées auprès des usagers. Des opérations vont amplifier ces changements comme la création du BUN ou encore le nouveau pont sur la Garonne. Les solutions existent, gardons-nous de nous laisser séduire par des propositions de chantiers électoralistes !

Didier Cujives est conseiller régional et maire de Paulhac

Particularité : Président du Pays Tolosan (association de communes et d’intercommunalités qui travaille sur la dynamique du Nord Toulousain)

Twitter : @Tolosan1



2 COMMENTAIRES SUR Didier Cujives « Nous n’avons pas besoin d’un nouveau périphérique »

  1. Jean-Michel LATTES dit :

    Bref…. on verra peu à peu Toulouse se figer car la question du blocage de la rocade n’est toujours pas analysé et pris en compte !

  2. Joël Echevarria dit :

    L’expérience montre que bien souvent, les nouvelles voies censées désengorger les voies existantes génèrent elles même un nouveau trafic “d’opportunité” et concourent assez peu au report. De plus, la création d’une nouvelle rocade ne peut s’envisager que si on lui trouve un tracé. Le dernier livre de JL Moudenc reste évasif sur le sujet, car c’est extrêmement complexe dans une agglomération dense. Le syndrome NIMBY fera le reste (not in my back yard, pas dans mon jardin) : aucun élu ou citoyen ne veut vraiment que sa commune ou son jardin ne soit traversé par une nouvelle rocade, une nouvelle ligne tgv… ou un nouvel aéroport (clin d’oeil à Didier Cujives).
    Mais du coup, il faut du courage politique et des moyens pour favoriser le report modal et piloter le développement urbain. Cela passe par l’interconnexion et le copilotage des réseaux TER, Tisseo et CG31, la conception des dessertes TC en amont de la création de zones d’activité, un urbanisme plus vertical, l’émergence de nouveaux noyaux urbains périphériques plus denses et plus “autonomes” (comme Blagnac ou Colomiers).

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