Dépendance

Après avoir fait passer la réforme des retraites, voilà nos dirigeants lancés vers le problème de la dépendance, qui selon eux va se poser compte tenu du vieillissement de la population. On comprend aisément leur souci puisque la tendance légitime est que les personnes âgées restent le plus longtemps possible et pourquoi pas jusqu’à la fin de leur vie dans le cadre qui leur est le plus familier c’est-à-dire chez eux. Cette préoccupation part d’un bon sentiment bien qu’elle mérite d’être analysée. S’il y a préoccupation, c’est assurément que les pouvoirs publics pensent qu’il sera difficile pour la majorité d’entre nous de subvenir en fin de vie à tous les frais afférents au maintien à domicile avec toutes les suggestions de soins qui s’y rattachent. Il faut dire à ce sujet que vont se multiplier à l’avenir toutes sortes de services qui viendront plus ou moins en aide aux personnes dépendantes. Aides ménagères, aides soignantes, sociétés de vigilances destinées à veiller à ce que rien de fâcheux ne vienne perturber le quotidien des personnes restées seules chez elles.
Le chacun pour soi

En somme, tout un petit commerce du tertiaire destiné à employer une main d’œuvre peu qualifiée mais assez nombreuse pour faire baisser les statistiques du chômage sans pour autant créer des richesses dont pourtant le pays aurait tant besoin. Nous sommes ici en présence d’un paradoxe qui se heurte avec celui de la réforme des retraites et de la sacro sainte solidarité que l’on veut soi-disant préserver. On abandonne peu à peu la solidarité familiale au profit d’une solidarité collective dont en fait on ne sait pas si à terme on pourra l’assumer financièrement. C’est pourquoi on s’inquiète d’ores et déjà d’instaurer un système qui aura pour but de l’approvisionner. Et pourtant la solidarité familiale fonctionne à plein mais dans le sens contraire de celui que nous avons connu, c’est-à-dire que ce sont les parents qui de plus en plus viennent en aide aux jeunes générations qui se heurtent au chômage et à une précarité qui les empêchent de s’engager dans la vie tant au plan professionnel que familial. De plus à y regarder de plus près, on s’aperçoit que les Français qui en ont la possibilité, épargnent de plus en plus et les trois mille milliards de liquidités accumulées montrent à l’évidence qu’ils se méfient à la fois sur l’avenir des retraites et sur la prise en charges par la collectivité de la dépendance. D’ailleurs en toute logique si la question des retraites était totalement résolue par la récente mise en place de la loi, les revenus des retraités devraient être suffisants pour assumer leur dépendance éventuelle. La seule vraie logique qui ressort de cette réflexion, c’est que la solidarité intergénérationnelle mise en avant va se fissurer de plus en plus pour faire place à un individualisme forcené qui ne sera en fait que le reflet de la société telle qu’elle est en train d’évoluer. Rassurons-nous le chacun pour soi a un bel avenir devant lui.
 

Francis Manaud


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