Démocratie, oui mais ?

Un des points culminants de l’année 2011 fut sans contestation possible la révolte des peuples des pays arabes du nord de l’Afrique. Ils étaient tous dirigés par un pouvoir dictatorial qui se succédait à lui-même au détriment d’une majorité de gens pauvres et exploités. Bien que conscients de cet état de fait, les pays dits démocratiques n’en entretenaient pas moins des relations commerciales avec leurs dirigeants, opportunité oblige. Ces dictateurs morts, emprisonnés ou en exil, il faut bien que s’instaure une nouvelle gouvernance ; ce qui n’est pas chose facile compte tenu des multiples factions qui s’opposent voire se combattent. Désormais la grande crainte des pays occidentaux, c’est de voir arriver au pouvoir les islamistes dont le fondamentalisme religieux fait peur comme il faisait peur d’ailleurs mais pour d’autres raisons, aux dictateurs déchus. Et pourtant il faudra bien se résoudre au nom de la sacrosainte démocratie d’accepter le verdict des urnes quelque soit le résultat obtenu. En effet rien n’interdit, que par le biais des votes majoritaires, des extrémistes arrivent au pouvoir. L’exemple de l’Allemagne nazie en fut la plus spectaculaire démonstration. Il n’est donc pas exclu de penser que dans tous les cas de tensions extrêmes, le vote des citoyens se porte vers des candidats de rupture totale par rapport à ce qu’ils ont connu. C’est le vote sanction par excellence qui peut dans certains cas s’avérer très dangereux et entraîner des dérives dictatoriales.

Batailles farouches…

C’est ainsi que la Russie qui a tourné le dos à la dictature communiste se retrouve dans un système pseudo démocratique de chaise musicale entre le premier ministre et le président qui tour à tour s’échangent le pouvoir quitte à avoir recours au bourrage des urnes. Deux autres exemples viennent jeter le trouble sur l’avenir : ce sont l’Irak et l’Afghanistan. L’Irak débarrassé de son dictateur par une manœuvre frauduleuse des services secrets américains va devoir désormais faire face seul à son avenir après le départ du “libérateur”. Désormais la rivalité des deux communautés shiite et sunnite sans oublier les kurdes augure mal d’un avenir démocratique dans lequel l’une ou l’autre des tendances accepterait la domination des autres. Dès le départ des troupes de l’Otan, les mêmes causes produiront les mêmes effets en Afghanistan où beaucoup trop de nos soldats seront tombés pour rien si ce n’est pour satisfaire l’ego de ceux qui les y ont envoyés. Mais sans aller chercher aussi loin, dans nos propres démocraties il y aurait beaucoup à dire, essentiellement en période électorale. Les moyens financiers et les cinq cents signatures sont les premiers obstacles qu’il faudra sans nul doute faire sauter en France. Et que dire des batailles farouches internes aux partis pour obtenir une investiture et briguer un mandat de député. Les camarades à gauche et les compagnons à droite sont prêts à s’étriper alors même qu’ils ambitionnent de servir le bien commun : la France. Dēmokratía, en Grec signifie “souveraineté du peuple”.
On voit ce qu’il en est dans ce pays qui pourtant l’a inventée. Qu’il sera long le chemin…



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