Démocratie

Ce nom magnifique est né de l’union de deux mots grecs, démos qui signifie peuple et kratos le pouvoir. Il faut en déduire que, puisque l’on nous dit que nous sommes en démocratie, le pouvoir appartient au peuple. Pourtant les événements que nous vivons ces dernières années voire ces derniers jours nous forcent à en douter. Il apparaît de plus en plus que le peuple n’est qu’un moyen, un instrument dont on se sert, mais que l’on fait fonctionner dans le seul intérêt de ceux qui le manipulent. Or en démocratie la voix de l’électeur doit être sacrée car elle est l’expression d’un être quelque soit sa position sociale culturelle ou encore intellectuelle. Elle est en ce sens le symbole de la parfaite égalité entre les hommes.
 Dès lors, toute manipulation, toute atteinte à ce symbole devient sacrilège et malheureusement c’est ce que nous font vivre aujourd’hui les divisions au sein du parti socialiste. A partir du moment où l’on a décidé de confier au suffrage la légitimité d’un homme ou d’un groupe d’hommes, le jeu n’est plus permis et la rigueur doit être totale. Fort heureusement les élections nationales ne laissent place à aucun doute, il apparaît que tel n’est pas le cas au sein de ce parti mais n’en est-il pas de même pour les autres ? Ceci est grave surtout lorsqu’il s’agit d’élire des hommes ou des femmes qui peut-être plus tard représenteront le peuple français non seulement à la tête de l’Etat, mais aussi dans les instances internationales. Cette affaire socialiste montre à l’évidence que le système de l’élection «démocratique» devient pervers dès lors que les écarts approchent le point zéro si bien que tous les soupçons de fraude voire d’erreurs peuvent être avancés de bonne ou de mauvaise foi.

La pression monte

Alors si aucun des deux partis n’a la sagesse de se rendre compte qu’il faut céder, il faudra faire appel à la justice qui n’aura qu’une seule issue : faire revoter en mettant cette fois en place un contrôle externe rigoureux, ce qui sera à n’en pas douter un cinglant désaveu à l’honnêteté socialiste. Les adhérents de ce parti seront sans nul doute ulcérés et ce sera justice. Mais ce qui est encore plus grave, c’est ce qui tend à se passer au niveau européen. Là encore la démocratie est bafouée. Le peuple français a voté non au traité de Lisbonne ? Peu importe les parlementaires le désavoueront en passant outre. Les Irlandais ont fait de même ? Qu’importe, on les fera revoter. A n’en pas douter, à jouer ainsi avec le suffrage universel pour ne vouloir consacrer que la pensée unique, il est fort à penser que les esprits risquent de s’échauffer. A quoi sert (quel que soit le pouvoir en place) de crier au scandale devant l’abstention lorsque l’on fait un aussi mauvais usage de la parole du peuple ? Et que dire de cette démocratie qui comme aux Etats-Unis fonctionne à coup de milliards de dollars pour ne laisser la parole qu’aux intérêts et à l’argent dont on voit bien aujourd’hui la dérive et la perversion ? Prenons garde, la marmite est sur le feu, la pression monte et le couvercle est bien fermé. Si rien n’est fait pour faire baisser la température c’est la marmite qui explosera et alors ? La parole et le pouvoir appartiendront à la rue et la démocratie, un mot oublié.

 Francis Manaud


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