Demain, quelle retraite ?

Voici quelques jours, les retraités sont descendus dans la rue pour manifester contre la diminution de leur pouvoir d’achat, et donc pour demander au gouvernement une revalorisation significative de leur retraite. Devant la dégradation du système actuel et le déficit dont il a constaté l’ampleur grandissante, le gouvernement a décidé de se pencher sur le problème afin de proposer des solutions durables compte tenu de l’évolution démographique de notre société. Le but est de parvenir dans un délai très court à trouver un financement susceptible de rendre pérenne une démarche qui satisfasse la population dans son ensemble, ce qui a priori n’est pas chose facile. Patronat, syndicats et gouvernement sont donc en discussion avec pour préalable le maintien de la retraite par répartition dont le principe est que les actifs financent les retraités. C’est la solidarité inter générationnelle instaurée après la dernière guerre puisqu’avant, les anciens travaillaient pour la plupart jusqu’à leur mort ou bien étaient pris en charge directement par leur famille. Si ce principe a été satisfaisant jusqu’à nos jours du fait du nombre d’actifs deux fois supérieur au nombre des retraités, le chômage grandissant et l’allongement de la durée de la vie lui portent un rude coup, et la volonté gouvernementale de vouloir le maintenir à toute force, risque fort à terme de se heurter au refus des jeunes générations.
Un référendum ?

On voit mal en effet que de jeunes adultes dont beaucoup ont du mal à avoir leur autonomie financière, acceptent de mettre de l’argent dans un pot commun pour le bénéfice d’inconnus. Cette belle notion de partage risque à terme de ne pas résister à un égoïsme somme toute bien compréhensible. De plus pour la grande majorité des parcours professionnels chaotiques entrecoupés de périodes de chômage laisseront à terme des pensions si faibles que les manifestations que l’on vit aujourd’hui ne seront que le pale reflet de ce que l’on verra demain si d’autres solutions ne sont pas mises en avant. Il faut résolument que la retraire revête un caractère personnel qui soit le reflet des efforts de ceux qui auront à en bénéficier. Une généralisation de l’intéressement et de la participation aux bénéfices de toutes les entreprises pourrait être à cet égard une solution qui permettrait à la fois de fidéliser le salarié tout en le motivant à la bonne santé financière de son employeur par une implication totale dont il tirerait bénéfice. Bien entendu ces deux avantages permettraient la constitution d’un capital placé et diversifié récupérable en rente au moment de la retraite par ailleurs constituée des retenues classiques mais qui seraient elles aussi au bénéfice du salarié et de lui seul. En tout état de cause, il est bien évident que faire une réforme des retraites en trois mois en faisant uniquement bouger des paramètres tels que l’âge du départ à la retraite ou encore la durée du temps de travail en fonction de la pénibilité ne peut que déboucher sur une impasse. D’ailleurs la finalisation d’un tel projet ne peut être le résultat d’une confrontation patronat/syndicat, mais sûrement l’élaboration d’un consensus accepté par tous au bénéfice de tous. Dès lors un référendum s’impose, il faut en cette matière le rendre indispensable pour légitimer le résultat.
  

Francis Manaud


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