Contestation et solidarité

La semaine dernière deux événements majeurs sont venus occuper le paysage médiatique par leur importance mais aussi par leur ampleur. Le premier et peut-être le plus marquant fut la tempête qui s’est abattue sur le Sud-Ouest de notre pays, qui a mis à terre arbres, toitures et matériaux de toutes sortes, tout en plongeant des milliers de foyers dans l’obscurité et le désarroi. C’est malheureusement dans ces catastrophes que l’on prend conscience de la réalité des choses, et que l’absence de l’élémentaire nous rappelle qu’il était devenu indispensable. En premier lieu bien sûr, le manque d’électricité qui marque un coup d’arrêt immédiat à de nombreuses activités quotidiennes sans parler de ce qui est vital, le fonctionnement de machines qui permettent de maintenir en vie des centaines de nos concitoyens. On ne peut alors s’empêcher de penser à ceux qui pestent contre la production nucléaire de cette énergie sans laquelle pourtant notre pays serait bien dépourvu. Le retour à l’utilisation de la bougie est certes bien sympathique mais très vite on se prend à regretter tout le confort et les progrès de cette invention grâce à laquelle notre civilisation a pu progresser dans des proportions considérables. Le grand enseignement de cette catastrophe fut sans nul doute la solidarité, notion qui malheureusement a une fâcheuse tendance à disparaître pour laisser place à un égoïsme croissant.

Cohésion et entraide

Quoi de plus enthousiasmant que d’entendre le maire d’un tout petit village constater qu’à la faveur de cet événement des familles qui ne se parlaient plus depuis bien longtemps s’étaient mutuellement porté secours ! Une preuve s’il en fallait une que les grands problèmes trouvent leur solution non pas dans l’opposition mais dans l’effort collectif et la compréhension réciproque. On a même vu des grévistes électriciens potentiels afficher leurs intentions tout en continuant à travailler pour porter secours. Justement, le deuxième événement fut la mobilisation des syndicats pour protester contre la politique gouvernementale sur la crise économique et financière que traverse le monde moderne. Bien sûr, la crise est grave et l’on est en droit de demander à ceux qui ont la charge de l’Etat de prendre toutes les dispositions nécessaires pour y faire face. Mais la grève était-ce la bonne réponse au problème ? Fallait-il après la tempête lever les bras au ciel et défiler et manifester contre la nature plutôt que de parer au plus pressé ? Certes non et l’exemple du Sud Ouest reste valable quelle que soit la nature des crises que l’on traverse. Et nos politiques seraient bien inspirés de suivre l’exemple de ces familles que la tempête a rapprochées. L’urgence économique est dans la cohésion et l’entraide. Il sera temps demain de reprendre les joutes oratoires, les conflits philosophiques et idéologiques. Chacun doit se sentir concerné et faire en sorte que les solutions proposées aboutissent même si elles sont imparfaites. Aujourd’hui une seule idée doit prévaloir, la meilleure et la plus rapide pour sortir de la crise : «Ne pas se poser de question et se retrousser les manches.»

 Francis Manaud



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