Consommation danger

Le pilier principal de l’édifice capitaliste, c’est la consommation. Elle permet de faire tourner l’économie à plein régime en même temps qu’elle est sensée apporter bien-être est bonheur. La difficulté c’est que pour consommer, il faut du pouvoir d’achat. Pour subvenir à l’essentiel, se nourrir, se vêtir et satisfaire au quotidien, il y a le salaire, dans la majorité des cas. Mais bien sûr pour le surplus, il faut soit gagner plus, soit faire appel au crédit ; institution mise en place par les banques pour prêter l’argent de leurs clients aux autres de leurs clients qui en ont besoin. Cette forme d’emprunt mise en place après la Guerre devait permettre d’étaler les dépenses dans le temps, satisfaire immédiatement des besoins qui auraient, sans cela, nécessité des années, et ainsi commerce et industrie pouvaient prospérer. Mais tout cela n’allait pas assez vite et satisfaire aux besoins immédiats ne suffisait plus. Il fallait susciter les besoins ; ce que fit très vite la publicité. Désormais on allait avoir tout ce que les autres avaient. La glacière fut remplacée par le réfrigérateur ou par le frigidaire de la publicité, le vélo par la voiture et l’appartement en location par le petit pavillon dont on rembourserait le montant en vingt ou trente ans. Les anciens regardaient le système avec méfiance, tandis que l’inflation galopante et la hausse des salaires facilitaient des remboursements qui devenaient de moins en moins contraignants. On aurait pu croire que le système allait perdurer à l’infini, il fallait être naïf.
La diète

C’est sûrement l’Euro qui a grippé la course en avant lorsqu’il fut décidé que le pacte de stabilité limiterait désormais la dérive des Etats vers plus d’endettement. Fini de masquer l’évolution du chômage par plus de fonctionnaires, et parallèlement finie l’inflation et par là même une hausse incontrôlée du chômage. Il arrive un moment où la réalité des chiffres s’impose et l’inventaire des engagements par rapport aux ressources qui indiquent que l’on est allé trop loin. Pour vendre et attirer les consommateurs, les grandes surfaces ont multiplié les facilités de paiements sans aucun contrôle, si bien qu’un jour les ménages surendettés se sont multipliés tandis que les organismes de crédit engrangeaient des créances douteuses dont il fallait bien un jour convenir qu’elles étaient irrécupérables. Lorsque l’on est victime d’indigestion il n’y a qu’un seul remède : la diète. Le retour à des pratiques de prudence devient indispensable. Ne plus dépenser plus pour produire plus devrait être un langage de raison. La situation économique est trop instable pour oser engager des dettes à très long terme sans contre partie et le retour à la patience, un remède aux effets salutaires. Notre économie a multiplié les intermédiaires et “enrichi” l’Etat par le biais de la TVA. Revenons à des pratiques plus simples, fréquentons à nouveau les marchés pour nos légumes, les bouchers et les poissonniers pour nos viandes et nos poissons, et cessons d’enrichir les marchands d’illusions qui nous attirent dans leurs lumières pour alimenter ensuite nos cauchemars.   

 Francis Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.