Charlotte Gontard et Matthias de Lozzo « Osons l’université de l’émancipation ! »

« Ni LRU, ni ESR. Fonds publics pour l’université ! » ont adressé samedi à Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, une trentaine d’étudiants toulousains. Miss Dollar participait au côté de Valérie Pécresse à un débat sur « l’écosystème de l’innovation » dans le cadre de Futurapolis, un événement de l’hebdomadaire Le Point « sous le haut patronage de François Hollande » où se sont mêlés grandes entreprises et hauts élus pour parler de la « ville de demain ». Ce mélange des genres public/privé est révélateur de la dérive du parti solférinien dont les ministres poursuivent sans hésiter la politique libérale de leurs prédécesseurs.

Sous le règne de Nicolas Sarkozy, la communauté universitaire s’était fortement opposée à la LRU, loi relative aux libertés et responsabilités des universités ouvrant les portes du savoir au patronat. L’une des promesses de François Hollande fut alors de la « réformer pour une autonomie réelle des universités ». Se voulant à l’écoute des acteurs de l’université, le ministère les a invités à s’exprimer avant de proposer le mois dernier le projet de loi ESR déconnecté de leurs principales revendications.

« Ceci va à l’encontre de la République une et indivisible »

Les syndicats qualifient ce texte de LRU 2 tant la réforme promise par Hollande est la suite de la LRU : mise en concurrence des universités, des étudiants et des personnels, hausse des inégalités entre établissements, oubli des précaires de la recherche, … Il prévoit la fin du cadre national des diplômes, garantie de leur valeur sur le marché du travail, ainsi que la régionalisation des universités, dans la logique du désengagement de l’État et de l’acte III de la décentralisation. Ces éléments favorisent la concurrence au détriment de la coopération entre établissements, laissant place à des offres de formation à géométrie variable d’une région à l’autre. Ceci va à l’encontre de la République une et indivisible instaurée par la Révolution française qui garantit à tout citoyen sur tout le territoire de la République l’égalité d’accès aux services publics.
De plus à l’heure où près de la moitié des quatre-vingts universités françaises sont en difficulté financière et où plus de vingt seront en déficit cette année, les dotations 2013 sont inférieures aux dotations promises, laissant aux universités l’autonomie de choisir entre une diminution des dépenses en chauffage, des gels de postes et une hausse des frais d’inscription.
Enfin, une des missions principales de la recherche est à présent « le transfert des résultats vers le monde socio-économique » afin d’œuvrer à la « compétitivité économique ».

Leur conception de l’université est éloignée de notre idéal républicain d’accès pour tous à un service public de l’enseignement, condition de l’émancipation sociale et culturelle. Nous souhaitons un lieu ouvert de production et de partage des savoirs, libéré de la logique du marché et de la rentabilité financière. Mais pour cela il faut oser alors osons l’université de l’émancipation !

 

Charlotte Gontard & Matthias De Lozzo sont de jeunes militants du Parti de Gauche en Haute-Garonne.

Mail : jeunespg.midipy@gmail.com



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