Calomnie !

Les Etats-Unis viennent de nous faire une brillante démonstration de l’efficacité de leur justice. Cette justice si symboliquement représentée sous la forme d’une balance n’a jamais si brusquement penché d’un côté à l’autre, à tel point que l’on est en droit de se demander si elle n’est pas complètement folle et détraquée. Après une telle démonstration de légèreté et d’incompétence, il paraît urgent pour les autorités américaines de revoir de fond en comble leur procédure de mise en accusation et surtout le côté police spectacle qui tend à écouter le plaignant en restant sourd aux arguments de l’accusé. Cet épisode particulièrement tragique pour ce dernier n’est pas sans nous rappeler ce film de Sidney Lumet “Douze hommes en colère” qui met en lumière la fragilité de la certitude si elle n’est pas étayée par de solides preuves. Ici le proverbe de nos anciens «Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son» est particulièrement d’à-propos et il faut bien dire que dans les premiers jours de l’affaire DSK, nous n’avons entendu qu’un son étayé par la réputation de l’accusé qui en faisait sans nul doute un coupable. C’est d’ailleurs l’une des grandes failles du système policier en général qui transpose facilement le passé des individus dans les circonstances du présent.

Justice et vitesse ne font pas bon ménage

Si l’établissement des fichiers permet un classement des individus en fonction de ce qui a pu leur être reproché, il faut bien prendre garde de ne pas en faire un critère absolu de jugement. En tout état de cause, cette affaire aura eu pour résultante plusieurs enseignements. Le premier et certainement le plus douloureux, aura démontré que la puissance et la gloire peuvent du jour au lendemain être remises en question par la plus inattendue des péripéties. Rien ni personne en ce monde ne peut prétendre à la pérennité d’un Etat qui par essence est amené à disparaître plus ou moins brutalement. Le second jugement, c’est qu’il est difficile au premier abord de juger d’une situation sans en avoir pris tous les contours, lesquels sont parfois très sinueux. Il découle de ces constatations que la procédure appliquée aux Etats-Unis comporte des risques que nous avons pu apprécier. Il n’est pas douteux que le respect de la présomption d’innocence qui prévaut chez nous, offre des garanties plus solides pour éviter les dommages humains que l’on a pu constater. Dès lors, il est grand temps pour nos dirigeants de renoncer à cette amorce que l’on a pu entrevoir, de copier la justice américaine dans le souci que soient rendues des décisions plus rapides. Justice et vitesse ne font pas bon ménage. Alors si des moyens plus importants ne peuvent lui être consacrés, armons-nous de patience et nous éviterons à n’en pas douter le spectacle désolant qui nous a été offert. Quant à notre ancien directeur du FMI, le voilà recherché en France pour la même cause qu’aux Etats-Unis. Ce nouvel épisode d’un véritable roman sera l’occasion pour nos instances judiciaires de montrer comment se comporte la justice française en de telles circonstances. Un enseignement qui pourra sans nul doute inspirer nos politiques et rassurer nos concitoyens.



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