Baumont: Demain, la tempête !

Alors que l’emprise olympique donne au patriotisme français des raisons d’être fier de ses judokas, ses nageurs, ses pistards, son triple champion olympique de slalom en canoë monoplace (2000 – 2004 – 2012), le palois Tony Estanguet, les médias et les livres (comme celui d’Yves Bigot « Quelque chose en nous de Michel Berger ») rendent un vibrant hommage au chanteur Michel Berger disparu il y a 20 ans d’une crise cardiaque, le 2 août 1992. La session extraordinaire du Parlement vient de se terminer en se limitant au collectif budgétaire, sans avoir pu s’intéresser à la loi de programmation pluriannuelle des finances publiques et la loi d’assainissement des activités bancaires, toutes deux repoussées à l’automne, à cause de la détérioration de l’économie française, qui conduit d’ailleurs les gouvernants à prendre leurs vacances en France (pour des raisons de normalité présidentielle) mais aussi pour donner l’image, au moment où la ministre Sylvia Pinel parle de « fracture touristique », de gouvernants sages dans leurs dépenses et dans leur choix de terroir (contrairement à d’autres vacances surmédiatisées, comme celles de l’ancien Premier ministre François Fillon, accidenté sur l’île de Capri, alors qu’il passait ses vacances chez le patron de Ferrari). Déjà, les analyses fusent : quelques fois même, le site Médiapart est plus critique que Le Figaro qui titre (édition du 2 Août)  : « Les grandes réformes sont au point mort ».

Après la publication d’un document de huit pages intitulé « Deux mois d’actions gouvernementales » : répondre à l’urgence, préparer le futur, la porte-parole du gouvernement se dit persuadée « que la meilleure façon de réussir les réformes, c’est de refaire circuler la sève dans le corps social. » Si l’intention poétique et politique est louable, il apparaît difficile d’imaginer la rentrée autrement que dominée par la situation sociale (PSA, plans sociaux, hausse du chômage). On attend un discours de mobilisation sur le chômage : viendra-t-il du Président dela République, du Premier ministre ou d’un Arnaud Montebourg plus tonitruant et plus combatif qu’un Michel Sapin, plus en arrière de la main. Reste à savoir combien de temps on pourra continuer à avancer en pleine crise européenne sans conduire en le disant, une politique de rigueur et d’austérité, et en laissant peut-être de côté le refrain gouvernemental entonné par Ayrault, chef d’orchestre, et ses ministres : « Le redressement dans la justice ».

Du coup de communication constitué par le rapport sur les deux mois d’action gouvernementale (parité, retour à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt, baisse de la rémunération des entreprises publiques, suppression dela TVAsociale …), on peut voir les contradictions qu’il y a entre l’action et la communication gouvernementale. Loin d’avoir donné de la perspective à l’action gouvernementale, ce rapport semble conforter le fait que le Premier ministre ne détermine pas mais conduit la politique dela Nationavec le Président, dont la filiation politique est de plus en plus celle d’Henry Queille et de Jacques Chirac. Henry Queille pour qui « il n’est pas problème si important soit-il que l’absence de décision puisse résoudre » ; « faire de la politique, ce n’est pas résoudre les problèmes, mais faire taire ceux qui les posent » ; Jacques Chirac, qui, à sa manière, savait, comme François Mitterrand, donner du temps au temps. Mais, des hauteurs du Fort de Brégançon, où le Chef de l’Etat prend ses quartier d’été, au bord dela Méditerranée(dans le Var, à ce moment-là, Jacques Chirac sera à Saint-Tropez, quant à Nicolas Sarkozy, il sera chez son épouse, au Cap-Nègre). Il y sera peut-être conduit à méditer, derrière le clapotis des flots tranquilles, à l’accélération à venir de l’histoire, c’est à dire à la tempête !

 

Stéphane Baumont



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