Aventure

Il existe certains personnages qui veulent s’extraire de leur quotidien pour se lancer dans des aventures plus ou moins dangereuses. Pour cela, ils n’hésitent pas à s’affranchir d’interdits, fusse quelquefois au péril de leur vie. Le plaisir de voir monter en eux l’adrénaline, le sentiment de peur, les font braver des difficultés parfois insurmontables. Qu’il s’agisse d’alpinisme, de ski hors piste au mépris des avalanches, de spéléologie ou encore de la traversée des océans en solitaire ou à la rame, ni rien ni personne n’est en mesure de les dissuader de risquer leur vie pour assouvir leur passion. Après tout, ils sont les maîtres de leur vie et ont le droit de la conduire comme bon leur semble. Tout cela irait de soi si en prenant de tels risques, ils n’en faisaient pas courir aux autres, c’est-à-dire à ceux que l’on alerte pour les secourir et qui quelquefois y laissent leur propre vie. La dernière affaire en date est celle de la famille Lemaçon résolue à vivre une vie d’aventures sur un voilier de douze mètres avec à bord un enfant de trois ans à peine. Pour eux le danger n’était pas a priori les éléments, la mer, les océans, mais les pirates dont les autorités militaires leur avaient fait toucher du doigt les dangers, en les dissuadant de longer les cotes somaliennes, théâtre de fréquentes attaques. En partant du principe que le pire ne peut arriver qu’aux autres, ils sont passés outre et ce qui devait arriver arriva, comme à ceux qui se mettent à l’eau sur les plages quand le drapeau est rouge. Faits prisonniers, ce fut l’Etat français qui fut sollicité sous la forme d’une rançon. Et c’est bien là que le bât blesse car les aventuriers vont rarement au bout des leurs erreurs et font appel aux autres pour régler un problème qui devrait rester entièrement le leur.
Dignité humaine

Mais ils savent bien que la loi fait obligation à tout un chacun d’intervenir pour assister toute personne en  danger, les divers dispositifs se mettent alors en place pour intervenir et sortir les victimes du mauvais pas dans lequel elles se sont mises volontairement. Dans le cas d’espèce, on a voulu pendant longtemps nous faire croire que les Etats ne cédaient pas aux demandes des ravisseurs quant à une rançon. Alors il faut que l’on nous explique pourquoi dans ces conditions, ils poursuivent des actions réputées sans avantages, et avec quel argent ces anciens pauvres pécheurs peuvent se procurer moteurs surpuissants et armes automatiques, voire lance-roquettes ? Cette fois-ci, le ministre des armées n’a pas caché pour justifier l’intervention de la force, que la proposition de rançon avait été refusée, sûrement parce que la crise économique en avait ridiculisé le montant ! L’intervention devait coûter la vie au skipper. Et voilà dont que l’aventure rêvée par ce couple devient par la mort d’un homme, une fin que sous-tend l’aventure et que pourtant on n’envisage jamais. Alors désormais la polémique s’installe. Qui a tué ? Les pirates ou les militaires ? S’il y avait quelque chose à parier, on dirait les militaires, pour la simple raison que les pirates connaissent eux la valeur marchande de leurs otages. Les tuer c’est aussi se tuer. La suite nous donnera la réponse tandis que les pirates capturés seront jugés en France par des lois qu’ils ne connaissent pas, dans un pays qu’ils ne connaissent pas. Il eut été sans doute préférable de régler leur compte sur place car eux aussi sont des aventuriers qui connaissaient les risques encourus. Mais notre désormais sacro sainte notion de dignité humaine nous interdit d’aller au bout de nos convictions. Ils seront mieux à pourrir dans nos prisons, elles manquent de locataires !  

 Francis Manaud


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