Autant en emporte l’OTAN

Si l’on posait à un professeur des écoles de trente ans ce que représente pour lui le général de Gaulle, on obtiendrait sûrement plusieurs réponses. La première serait sans nul doute le fameux appel du 18 juin 1940, appel à la résistance devant l’envahisseur allemand. Certains autres évoqueraient la constitution de 1958 de la cinquième république destinée à mettre fin aux instabilités gouvernementales de la quatrième république. D’autres plus contestataires évoqueraient mai 1968, et d’autres plus romantiques sa promenade en compagnie de son épouse au bord de la mer d’Irlande après sa démission en homme d’honneur à la suite de l’échec du référendum qu’il avait initié en 1969. Ce moment de nostalgie n’est pas sans rappeler le regard d’exil vers  la France de Napoléon Bonaparte. Que reste-t-il du Gaullisme ? Une page jaunie de notre histoire sans aucun lien avec les réalités du moment ? Ceux qui pensent cela, se trompent et la vague de protestation sur l’entrée de la France dans le commandement intégré de l’OTAN le prouve. Aussi bien les gens de droite que ceux de gauche se réfèrent au général pour dénoncer une manœuvre qui remet en question la position de notre pays sur l’échiquier international en matière de politique étrangère et de défense. Après la cuisante défaite subie en 1940 par notre armée sous équipée et insuffisamment préparée, il paraissait indispensable pour notre pays d’asseoir désormais sa défense sur des bases solides avec une armée capable de se défendre en cas d’attaque, d’où qu’elle vienne.
Liberté

C’est la politique de dissuasion qui s’interdit de porter la guerre ailleurs, guerre dont on sait depuis la nuit des temps qu’elle est toujours perdue lorsqu’elle s’oppose à la liberté d’un peuple quelle que soit son importance face à l’envahisseur. C’est grâce à cette doctrine que le président Chirac fidèle à la succession gaulliste a refusé d’engager nos soldats en Irak et n’a accepté d’envoyer des troupes en Afghanistan que pour permettre au peuple d’accéder au XXIème siècle dans sa modernité. Et voilà qu’aujourd’hui sous le prétexte du démantèlement de l’Union Soviétique, on nous sert une soupe qui consiste à dire que toute menace est écartée et que l’Europe doit se mettre sous le bouclier américain, sous entendu l’Otan. Une fois de plus, c’est le modèle américain qui nous est proposé alors que dans les grands conflits qui agitent la planète, la position de la France a toujours servi de modèle et mis au premier rang notre diplomatie. Il n’est pas inutile en cela de rappeler l’intervention de Dominique de Villepin à la tribune des Nations Unies lors du conflit d’Irak lequel n’aura servi in fine qu’à accentuer le terrorisme dans le monde au lieu de l’éradiquer. Accéder au commandement intégré de l’Otan c’est museler la France de de Gaulle et cela en se passant de l’avis du peuple et de sa représentation nationale alors que l’on prétend au contraire la renforcer. On voit déjà les effets sur nos soldats en Afghanistan et leur intégration dans une guerre que l’on sait perdue d’avance sous les yeux de la Russie qui pas plus que l’Amérique ne sont parvenues à mettre à genoux un peuple qui défend sa terre et ses traditions et refuse l’ingérence. La France qui respire la liberté ne peut se résoudre à la dépendance et faisons que le vent de l’Otan s’en aille souffler ailleurs.

 Francis Manaud


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