Au cas où !

Jeudi dernier notre Président a donné une lon-gue interview à des journalistes pour répondre semble-t-il à l’inquiétude manifestée dans la rue la semaine précédente. Il faut bien dire que la mobilisation avait été d’importance et comme François Mitterrand lors de la manifestation de l’école libre, Nicolas Sarkozy a pu voir et entendre l’inquiétude manifestée par un grand nombre de citoyens. On peut toujours se demander si le moment des manifestations est bien choisi lorsque le pays est dans la tourmente, il n’en est pas moins vrai que l’ignorer eut été une faute politique que le président trop fin stratège ne pouvait laisser passer. L’exercice était périlleux mais il fallait bien s’y résoudre d’autant que le temps presse et les appétits sont féroces. Il faut dire que les dernières années ont terriblement plombé le pouvoir d’achat aidé en cela par un euro trop fort qui au fil du temps a tout simplement ignoré les centimes, lesquels en franc représentaient quelque chose. Désormais deux stratégies s’opposent. Celle du gouvernement qui privilégie la relance par l’injection massive de capitaux dans les banques et l’industrie automobile, celle des syndicats qui demandent une hausse du Smic pour favoriser une relance de la consommation. Et comme toujours dans notre pays, impossible de rapprocher les deux points de vue qui certes ont leurs inconvénients mais aussi de réels avantages. Favoriser l’investissement c’est relancer l’économie en la pérennisant, mais les effets n’en sont pas immédiats et l’attente est très forte.
Protectionnisme

Augmenter le Smig c’est apporter de suite du pouvoir d’achat mais c’est partir vers une revalorisation générale des salaires et risquer l’inflation, sans compter que la consommation ne favoriserait pas forcement les entreprises françaises mais plutôt les importations. Il faut sans nul doute enrayer la spirale du chômage qui plombe nos comptes sociaux et stoppe la création des richesses. Mais la pauvreté gagne dans notre pays et il faut sans délai remédier à cet état de fait qui risque de nous entraîner dans de graves dérives. Alors que l’on disait notre pays en faillite, nos dirigeants forts à propos ont pu mobiliser des milliards pour soutenir l’économie. Il faut que désormais ils mobilisent les mêmes sommes pour soutenir la consommation. Pourquoi ne pas distribuer à titre provisoire aux gens les plus modestes comme on le fait déjà lors de la rentrée scolaire une somme destinée à boucler les fins de mois ? On sait sans nul doute que cet argent donné retourne immédiatement dans le circuit commercial. Bien sûr une telle mesure devrait être accompagnée d’une information qui inciterait les gens à consommer français sous peine de suppression. C’est hélas une forme momentanée de protectionnisme mais il est fort à parier que les autres pays feront de même à commencer par les Etats-Unis dont le libéralisme s’arrête où leurs intérêts commencent. Cette mesure immédiate aurait comme avantage de ne pas engendrer l’inflation et calmerait les esprits dans l’attente d’une relance économique durable en remobilisant l’épargne si importante des Français. Car beaucoup de Français sont riches mais les guerres qu’ils ont eues à subir les ont rendus prudents alors ils épargnent aussi bien la nourriture que l’argent pour répondre à cet impératif catégorique pour eux : «Au cas où !»

 Francis Manaud


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