Benjamin Vignau « Dénoncer les extrémismes et leurs dérives, c’est attaquer les symptômes »

Le 9 décembre prochain, nous fêterons les 108 ans de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat qui a fixé les termes de la laïcité en France.

Cependant, ces dernières années moult hommes politiques ont interrogé, de manière plus ou moins polémique, la place des religions dans la République (rapport Stasi, discours du Latran de Nicolas Sarkozy, charte de la laïcité de Vincent Peillon, etc.). Je souhaiterais apporter ici quelques réflexions à ce débat à la lumière de nos traditions et des défis sociologiques qui se posent à nous.

Le mot laïc dérive du grec laos (peuple) et s’oppose à clerc (en grec clerikos) qui qualifie l’homme d’Eglise. Dans l’Europe médiévale puis d’Ancien Régime, l’autorité ecclésiastique a toujours eu la prédominance symbolique sur les pouvoirs temporels. Néanmoins, ceux-ci n’ont eu de cesse de s’en affranchir, avec ou sans l’approbation populaire. Particulièrement en France où les légistes de Philippe le Bel à Louis XIV ont développé le concept de la liberté de l’Eglise Gallicane qui ne peut exécuter de décision pontificale que munie du sceau royal. Le roi donnait l’investiture aux évêques et le Parlement pouvait interdire un ordre religieux, par exemple les jésuites en 1763.

La République a conservé la volonté d’organiser et de contrôler les différentes églises. La création du Conseil français du culte musulman (CFCM) en 2003 par le ministre de l’Intérieur et des Cultes Nicolas Sarkozy, relève de cette logique. Le leitmotiv « il faut un islam de France et non un islam en France » dont les médias se sont gargarisés, était une facilité rhétorique qui n’a été reçue qu’en raison de notre atavisme gallican.

« Une idéologie positiviste héritée de Condorcet et d’Auguste Comte »

Si la laïcité est en crise aujourd’hui, c’est qu’elle pèche à deux niveaux. D’une part, elle s’appuie sur une idéologie positiviste héritée de Condorcet et d’Auguste Comte qui ne parvient pas à répondre aux nouvelles questions éthiques que soulève la science (IVG, PMA, GPA, etc.). D’autre part, L’Etat ne remplit plus certaines de ses missions dans des quartiers entiers telles que la sécurité, les postes, l’éducation. C’est ce vide que les mouvements religieux occupent. S’en prendre donc aux religions, dénoncer leurs extrémismes et leurs dérives, c’est attaquer les symptômes et faire peu de cas des causes. Si l’on veut réinstaurer une laïcité harmonieuse, il faut appliquer un certain nombre de principes :

  • Redonner le goût de l’Histoire de France comme le faisait le professeur laïc Ernest Lavisse. Enseigner une certaine morale laïque qui n’interdit aucune religion et qui prépare les jeunes au libre arbitre.
  • Redécouvrir les beautés de la langue française depuis la rhétorique républicaine jusqu’à l’éloquence sacrée, jusqu’à Jaurès depuis Bossuet.
  • Assurer la diversité des populations, des commerces, et des services sur tous les territoires de la République.

Les solutions au vivre ensemble se trouvent en nous- mêmes pour peu que l’on accepte la vérité qui comme le disait Saint Jean nous rendra libres !

Benjamin Vignau est le délégué à la laïcité de l’UDI 31.

Particularité : Il est le candidat unique à la Présidence des Jeunes de l’UDI 31. Il est à la tête d’une liste d’union.

Twitter : @benjaminvignau

 



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