Après le travail, la retraite

La grande réforme de la retraite est en marche et tout le monde s’y met. Il faut dire que la question est d’importance puisqu’il s’agit de savoir quels seront nos moyens de subsistance lorsque nous aurons fini de produire et qu’en quelque sorte, nous serons devenus des inutiles. Inutiles, passe encore, mais des inutiles qui coûtent à la collectivité qui cherche par tous les moyens à financer cette inutilité. Autrefois les choses étaient autres. Les ouvriers travaillaient dur et mourraient jeunes sans avoir le temps de connaître les bienfaits du repos. Ceux qui survivaient restaient chez leurs enfants qui les prenaient en charge moyennant de menus travaux ou la surveillance des petits enfants qui apprenaient ainsi l’histoire de la famille par transmission orale. La vie moderne a tout changé. Les jeunes se dispersent et veulent leur autonomie d’existence. Les vieux ont des besoins, partent en croisière et ne voient leurs petits enfants que pour apprendre que l’histoire de la famille ne les intéresse pas plus que l’Histoire de France ou la Marseillaise. Alors il est devenu plus que nécessaire de s’inquiéter pour savoir qui et comment seront payées les retraites ou les maisons de repos car il n’est pas question pour la bru de prendre en charge les rhumatismes de la belle-mère.
Aux urnes citoyens !

Pas besoin d’avoir fait des études supérieures pour comprendre que vivre cent ans en travaillant quarante, dans le meilleur des cas le compte n’y est pas, et que dès lors des choix s’imposent. Ce qui rend l’affaire plus compliquée, c’est que les gens aiment de moins en moins le travail qu’ils font et que par conséquent ils ne rêvent que du jour où ils auront cessé de le pratiquer. La chose serait bien différente si heureux et bien dans leur peau en travaillant, ils songeaient bien au contraire de le pratiquer le plus longtemps possible ; exclusion faite pour ceux dont les travaux physiques ne peuvent excéder un certain nombre d’années. Nos hommes politiques sont le plus bel exemple de ce constat. Ils n’ont de cesse que de prolonger leurs mandats le plus longtemps possible tant ils sont convaincus de leur utilité mais aussi tant la retraite leur semble un parti misérable. Etre heureux au travail est pour la multitude un non sens, plus encore pour ceux qui pour ne plus l’aimer en abrègent leur vie. Alors soit, réfléchissons chiffres, date de départ, montant, durée, pénibilité, répartition, capitalisation, quoique l’on fasse, quoique l’on dise, le moment de partir arrivera et avec lui le grand point d’interrogation qui barre l’horizon. Ne laissons ni aux politiques, ni aux syndicats, ni à tous ceux qui veulent s’immiscer dans ce débat capital le soin de décider à notre place. Choisissons nous-mêmes ce que sera notre retraite. Votons en répondant aux questions posées, et que la majorité l’emporte, ce sera un grand souffle de démocratie et il est à parier que cette fois-là, on cherchera les abstentionnistes.

Francis Manaud


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