Agnès…

Une fois encore la France ébahie vient d’apprendre l’indicible, l’intolérable : l’assassinat d’une jeune fille par un garçon à peine plus jeune qu’elle dans des conditions si abominables qu’elles sont demeurées fort heureusement cachées au public. Comment notre société peut- elle et doit-elle réagir pour éviter que de tels actes ne se reproduisent plus et ce d’autant plus que le garçon était poursuivi pour un viol récent ? Sans doute soumis à des pulsions incontrôlables qui l’ont conduit à les assouvir a-t-il tué et tenté de faire disparaître son forfait pour ne pas avoir à faire face à une justice qu’il pressentait impitoyable. Bien sûr dans un premier temps, il est nécessaire de trouver s’il y a eu des manquements coupables dans la chaîne des responsabilités qui ont conduit à la récidive. Lorsqu’ils sont pour la première fois confrontés à de tels crimes, les juges ont pour premier devoir de faire en sorte qu’il n’y ait pas récidive. Ils font donc appel à des psychologues et à des psychiatres qui doivent évaluer la dangerosité des individus et leur aptitude à reproduire le schéma d’origine. Dans ce cas et malheureusement dans beaucoup d’autres, l’avis d’un seul peut s’avérer inadapté tandis qu’un collège d’experts reste soumis à des tensions opposées qui rendent les décisions difficiles à prendre.
Mise à l’écart définitive ?

Alors que faire de criminels dont on est incapable de prévoir ou non la récidive tout en excluant leur élimination physique ? Si la peine de mort était moralement condamnable, son caractère irrémédiable empêchait toute récidive avec toutefois le spectre toujours présent de l’erreur judicaire. Reste donc ce qui respecte, la dignité humaine : la sanction et si possible la réinsertion. Mais il est bien évident que seul le degré de la sanction peut correspondre à la gravité des actes commis. Dans le cas du meurtrier de la petite Agnès, ce qui vient immédiatement à l’esprit serait la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité avec trente années incompressibles. Mais au-delà de cette peine, qui pourrait garantir que l’homme ne serait plus dangereux pour la société ? Et d’ailleurs à supposer qu’il soit devenu inoffensif quel avenir pour lui et quel espoir de réinsertion ? La seule solution possible est qu’il soit enfermé à vie sans possibilité de recouvrer la liberté. Mais à ce niveau de prise de conscience, il faut convenir que notre société n’a pas les moyens financiers d’une telle solution. Reste pour aller au bout de la logique, une volonté politique qui à ce jour tend à faire défaut. Alors il est à craindre que d’autres Agnès seront sacrifiées sur l’autel d’un laxisme qui ne veut pas dire son nom et du refus de notre société d’admettre qu’elle secrète malgré elle des sujets qui doivent coûte que coûte être mis à l’écart sous peine de nuire à nouveau. Les origines sociales, l’éducation, les conditions de vie n’y sont pas pour grand-chose. La nature a ses perversions. Il faut les accepter humblement et la seule réponse qui vaille, reste la mise à l’écart définitive. Donnons-nous les moyens d’y parvenir.



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