Afghanistan : La guerre ?

On leur avait dit : il faut y aller. Ils y sont allés parce que leur métier c’est d’obéir. Obéir à un ordre parce que par définition ceux qui donnent les ordres, sont censés les donner à bon escient, ils ont les éléments pour cela et surtout la formation requise. Oui mais voilà personne n’échappe à la routine dans son travail, les militaires pas plus mais pas moins que les autres. Alors ce jour-là, parce que rien ne laissait prévoir une attaque à cet endroit, dix de nos jeunes hommes sont tombés sous les balles des talibans.
Ces derniers connaissent bien leur pays parce qu’ils y sont nés et que quoi que l’on veuille en dire, ils luttent contre des occupants comme nos pères jadis le firent aussi chez nous. Personne ne soutiendra le contraire, ce sont des hommes d’un autre âge qui ont fait subir à leur peuple les pires des humiliations barbares lorsqu’ils étaient au pouvoir. Cependant ils sont chez eux en Afghanistan et entendent défendre cette terre aride et inhospitalière qui jusqu’ici a résisté à toutes les invasions fussent-elles entreprises par des puissances qui leur étaient mille fois supérieures. Mais au lendemain du 11 septembre l’Amérique traumatisée par l’horreur d’une attaque terroriste est partie en guerre tous azimuts contre tous les terrorismes qu’ils soient en Irak, en Afghanistan ou n’importe où sur la planète, sans se rendre compte que si le terrorisme n’a pas de patrie, il a fanatisé assez d’adeptes pour que les combats qu’ils livrent soient sans fin.

Mutation radicale

On ne peut pas faire la guerre contre le terrorisme qui véhicule des idées, ce sont les idées qu’il faut connaître, comprendre et tuer. Si comme l’a dit notre Président, nos soldats sont morts pour faire régner la paix dans le monde, ce ne sont pas mille soldats qu’il faut lancer dans la bataille mais des millions car la paix n’a pas de prix, sauf que ce ne sont pas les guerres et les rancœurs des perdants qui engendrent la paix, mais le rapprochement et les accords au-delà des divergences. En aidant une partie du peuple afghan contre l’autre et parce que les bavures sont inéluctables, peu à peu la balance penchera pour le rejet de l’envahisseur et la mise au pilori de ceux qui l’auront soutenu. L’OTAN devenue machine de guerre de l’ONU ne viendra pas à bout de ce conflit, pas plus que les Anglais ou les Russes avant eux. La seule façon d’en sortir si ce n’est déjà trop tard, passe par une mutation radicale d’un état de guerre à un état d’aide humanitaire pour aboutir à gagner à notre cause le plus grand nombre dans la population qui d’elle-même rejettera les éléments indésirables. Mais l’Amérique est plus technologique que psychologue et il est à craindre qu’elle soit partisane du jusqu’auboutisme, quitte à faire les frais d’un nouveau Vietnam. N’oublions pas que la France a décidé une fois pour toute de ne donner sa force que pour défendre les limites de son territoire. Ne sacrifions plus nos soldats pour des chimères, la douleur de leur sacrifice est trop insupportable.

 Francis Manaud


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