Affaire Bettencourt ; Confusion des genres

Depuis quelques jours déjà, le petit monde politique frémit à l’idée de nourrir le public d’un scandale, lequel comme à son habitude aurait l’avantage de nous détourner des véritables préoccupations quotidiennes. Le ministre actuel du travail aurait couvert lorsqu’il était ministre du budget une évasion fiscale au profit de Liliane Bettencourt. Sombre affaire liée à la personnalité fragile d’une dame de 85 ans dont la seule faiblesse est d’être multi milliardaire et à ce titre, la convoitise permanente de multiples vautours. Car de toute évidence, cette personne entourée d’une kyrielle de serviteurs et de conseils est dans l’incapacité totale de prendre une décision par elle-même. Dans ces conditions peut-on sérieusement lui reprocher d’avoir omis de déclarer un compte en Suisse ou encore une île dans l’océan Indien ? Certainement pas, mais au contraire ne serait-il pas bienvenu de demander des comptes à ceux qui chargés de ses affaires ont négligé peut être sciemment et à leur profit de faire de telles déclarations ? Alors pourquoi penser sans en apporter la preuve qu’un ministre de la république aurait pu fermer les yeux sur de telles pratiques ? Plus préoccupante est la confusion des genres lorsque l’on sait que ce même ministre est aussi trésorier du parti majoritaire et qu’à ce titre il a reçu de Madame Bettencourt des donations dans la limite des sommes permises par la loi.
Serviles et comploteurs

Mais la modicité de ces donations ne justifie pas qu’elles aient été la contre partie des sommes non déclarées et qu’un ministre ait pu s’en rendre complice. Et le monde politique le sait bien, qui a du mal à porter une accusation claire contre un homme qui cherche désespérément à régler le problème des retraites dans un pays où l’on s’arc-boute contre toutes les réformes. C’est ainsi que l’on s’est employé à discréditer des hommes de valeur dont le pays aurait bien besoin au profit d’autres serviles et comploteurs qui n’ont de cesse que de flatter le Prince pour en tirer le plus de profit possible. Il est certain que pour faire cesser tous ces bruits, le ministre du travail ne doit plus être le trésorier de l’UMP ; ce qui n’empêchera pas pour autant que notre démocratie soit étroitement liée au financement des partis. En fait, ce financement reste proportionnel au pourcentage obtenu lors des diverses élections sans tenir compte du nombre grandissant des abstentionnistes qui devrait rendre illégitime la répartition des sommes qui leur sont allouées. Or l’abstention exprime un besoin urgent de changement, lequel ne saurait se faire sans l’apport minimum de financement. La démocratie a besoin d’un souffle qui lui vienne d’ailleurs que de l’argent et de la déviance qu’il procure. Elle a besoin d’hommes de valeur qui cherchent à conduire les peuples au mieux de leurs intérêts. Elle n’a que faire des querelles qui masquent la réalité des choses. Alors qu’il soit reconnu que Madame Bettencourt est la victime d’un abus de faiblesse, que les coupables soient condamnés, et que le ministre achève sa mission en son âme et conscience.  

Francis Manaud


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