A quand un aménagement du territoire intelligent ?

Force est de constater que pendant de nombreuses années
les gouvernements qui se sont succédé n’ont eu pour seul souci que de gérer les
affaires courantes en oubliant que «gouverner c’est prévoir».

Les seules
prévisions qui les intéressaient, étaient celles sous forme de sondages
relatifs à leur réélection. C’est ainsi que les retards de tous ordres se sont
accumulés, qui rendent aujourd’hui des réformes inéluctables, ne serait-ce que
pour tenir compte de l’évolution de nos sociétés. Mais réforme ne signifie pas
pour autant révolution, et en tout état de cause ces réformes indispensables
doivent être clairement expliquées au peuple pour qu’il les approuve ou à tout
le moins qu’il y ait débat d’idées avant tout application. Et que l’on ne mette
pas en avant le seul Parlement dont on sait bien qu’il n’est plus qu’une
chambre d’enregistrement. Il semble que notre Président, qui sait n’avoir que
cinq ans pour mener ses réformes, veuille aller au pas de charge sans se rendre
bien compte des dégâts collatéraux engendrés par tous ces changements. La
suppression de tribunaux, de conseils de prud’hommes, d’hôpitaux, de maternités
ou encore d’arrêts de trains dans de petites gares sont des exemples de cette
politique d’économie qui pour autant ne l’est peut être pas. Il est facile de
comprendre que maintenir des services publics onéreux dans des villes dont
l’activité économique est en baisse ne se justifie pas. Mais alors il faudrait
voir pourquoi justement l’activité a été amenée à baisser et si possible y
remédier, plutôt que la renvoyer vers des villes surpeuplées et engorgées qui
développent de plus en plus des économies souterraines et des désordres en tout
genres.

Il est temps de réagir

On ne peut en effet que constater que tous les grands axes
de communications aussi bien les autoroutes que les voies de chemin de fer ont
mis à l’écart les villes petites ou moyennes en les privant peu à peu des liens
économiques indispensables qui permettent aux grandes entreprises de
s’installer ailleurs que dans les grandes agglomérations. Or notre territoire
d’une superficie relativement petite pourrait s’accommoder d’égrener dans
l’environnement des autoroutes la même économie que celle développée jadis le
long des nationales aujourd’hui de plus en plus délaissées. Il est à craindre
que les dernières décisions prises par les ministres concernés ne fassent
qu’accentuer ce phénomène de transfert ; lequel ajouté à la
désertification de nos campagnes ne jette dans les villes une population
déracinée qui deviendra la proie facile de prédateurs en tous genres. Il est
encore temps de réagir. Nos maires et nos conseillers généraux ont le pouvoir
de retenir voire de créer une activité qui fixera les populations. C’est en ce
sens qu’il faut féliciter l’engagement du député Jean Lassalle qui n’a pas
hésité à faire une grève de la faim pour maintenir une activité industrielle
dans sa vallée pyrénéenne. C’est au prix de tels efforts que l’on maintiendra
dans notre pays une activité économique suffisamment diversifiée qui permettra
de garder sur place les services de l’Etat tout en évitant l’asphyxie des
grandes agglomérations pour lesquelles on injecte des sommes fabuleuses dont on
peut légitimement se demander le bien fondé. Alors l’aménagement intelligent du
territoire, c’est pour quand ? 



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